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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Conclusions de ce tour du monde

5 ans et demi après être parti en stop de Caen, j'y suis revenu avec un rêve accompli.

Quel est le bilan ? Que retiens-je de ce long voyage, de cette rencontre avec les peuples, de ce face à face avec des interrogations contemporaines, que ce soit au niveau social, culturel ou politique ? Que m'a apporté ce tour du monde ? Et quid de l'auto-stop dans tout cela ?

Toutes ces questions que de nombreuses personnes me posèrent au lendemain de mon retour, je ne peux y répondre en partie que maintenant. Il m'a fallu une période de réflexion, de méditation sur ces années de vie bien remplies. Le tourbillon des émotions due aux nombreuses retrouvailles s'est aujourd'hui transformé en un heureux souvenir. Je suis désormais entré dans une période de transition entre deux époques de ma vie.

Il est temps pour moi d'établir un pont entre mes capacités de partage, et ce que la réalité peut accepter de moi.

 

Quelques apprentissages

 

Moi-même
Il n'est pas vain de dire que ce long voyage en solitaire m'a amené à bien me connaître. Sans arrêt confronté à des situations, souvent poussé à dépasser mes limites, à affronter mes peurs, je les ai graduellement identifiées.

Identifiées, puis combattues.

J'ai réalisé qu'à l'aube de mon voyage, l'inquiétude qui primait était celle de devoir faire face à l'inconnu, et surtout aux inconnus. Au fur et à mesure des rencontres, des territoires foulés et des mois écoulés, ma peur a disparu au profit d'une curiosité à assouvir. Il n'y avait aucune raison de craindre à ce point pour ma personne, un simple bon sens suffisait. Au contraire, les peuples approchés avaient tous quelque chose à m'enseigner, encore fallait-il arriver dans une démarche d'écoute.

Par cela j'en conclu :

Que la sérénité s'acquiert dans l'exemption de la peur.
Que l'exemption de la peur s'acquiert dans la connaissance.

 

Je me suis également découvert dans les rencontres. J'aime échanger, j'aime questionner, j'aime apprendre. J'aime divertir, amuser et partager mes connaissances. Là se trouve pour moi une clé importante de l'échange.

Ainsi, ce voyage m'a permis de m'identifier, et ce subjectif prélude fût nécessaire pour ne pas altérer ma vision des autres.

De 23 ans lors de mon départ, à 29 ans à l'arrivée, j'ai mûri et beaucoup appris

L'auto-stop
J'ai pu utiliser cette manière de voyager dans tous les pays sans exception. Le concept d'auto-stop est peut-être inconnu en soi dans certaines contrées, mais l'entraide est universelle car elle touche aux sentiments humains.

La difficulté n'était souvent qu'une barrière de langage, une simple limite de communication. Il m'a fallu identifier ce problème pour y apporter une solution.

Encore une fois, la clef de la réussite fût d'interagir avec la population locale. Partout j'ai rencontré des personnes bienveillantes qui acceptaient de traduire ma requête sous forme de lettre, expliquant le concept d'auto-stop par des mots équivalents au concept d'entraide dans leur langue locale.

L'entraide est universelle. La seule barrière fût la communication. Les lettres ci-dessous me furent traduites par des locaux, expliquant dans leur langage le concept d'auto-stop

A partir du moment où je pouvais formuler la requête, mes interlocuteurs pouvaient répondre positivement ou négativement. Trouver un véhicule pour avancer ne fût finalement qu'une question de temps. Je progressais plus ou moins vite selon le pays. La Nouvelle-Zélande, le Chili, la Malaisie fonctionnaient bien. Au contraire, les États-Unis et l'Italie ne furent pas un paradis pour auto-stoppeur. Tout dépend de la culture, des circonstances, de l'environnement, de la situation. Il y a beaucoup de paramètres. Mais partout, j'ai pu rencontrer des âmes charitables.

Le monde
L'auto-stop fût une manière très efficace de rencontrer les populations locales des pays traversés, sans aucune barrière de censure. J'ai collecté les avis de chacun, me forgeant une opinion globale du monde, à partir du point de vue de multiples individus dispersés sur cette planète.

Les zoulous sud-africains, les aymaras boliviens, les aborigènes d'Australie. Les modes de pensées de chacun m'éblouissaient par la diversité de considération donné à la vie et à la Terre. Il n'y avait pas qu'un seul mode de pensée, celui avec lequel j'avais grandi, mais une myriade. Ma vision occidentale du monde était incomplète. Même mon point de vue à propos de moi-même nécessitait une reconsidération. Voyez-vous même: pour un kényan je suis Muzungu, pour un thaïlandais je suis Falang, pour un colombien je suis Gringo.

J'en déduis qu'il était naturel de considérer le monde à son image, et que cela était parfois dangereux d'en rester là. Protéger sa culture est une chose, l'imposer à son voisin en est une autre. Je découvris que l'Histoire du Monde était faite de guerres et de conflits, de génocides, d'acculturation et de massacres. Je découvris aussi des âmes bienfaitrices, des travailleurs de l'ombre œuvrant pour reconstruire, pour aider, pour partager.

Au milieu de cette pléthore de rencontres, je réalisais que l'ensemble des personnes rencontrées étaient en mesure d'accomplir un acte bien-intentionné, d'aider son prochain, ou tout du moins l'avait été un jour. Mais que malheureusement, certains perdaient cette capacité, optaient pour un chemin plus haineux, plus violent.

Par cela, j'en conclus :

Que l'ignorance de son prochain facilite la création d'un climat de peur.
Que la peur mène à la violence, au conflit, à la destruction.

 

Et que le contraire est aussi vrai.

 

Une certitude

 

Aujourd'hui, je n'ai plus peur de mon prochain, car je comprends les bases de cultures qui m'étaient auparavant étrangères. La Colombie m'évoquera une terre hospitalière, l'Iran une culture millénaire. Connaître, comprendre, m'aide donc à ne plus juger par ignorance et par cliché.

Ma plus grande leçon de ce tour du monde, elle réside donc ici :

« Apprendre les uns des autres est la meilleure façon de se tolérer
et de vivre en paix »

Mais le chemin est encore loin. A différentes échelles, l'ignorance générale est souvent cultivée. Pourtant, CHACUN est en mesure de questionner et de chercher la vraie information. C'est uniquement en adoptant cette attitude que nous contribuerons à élever la conscience des peuples, et donc à se tolérer les uns les autres...



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