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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : A travers le Mur de l'Atlantique (Partie 1)

Ainsi arrive au Cap, il me fallut changer de direction, ne pouvant donc plus continuer vers le Sud comme je le faisais pendant plus d´un an.
Mon objectif est, comme vous le savez, de traverser l´Atlantique pour rejoindre le continent Sud-Americain. Mon challenge est de ne pas payer pour les moyens de transport, ce qui met directement l´avion a la trappe (quoique l´un de mes petits defis personnels est de reussir un jour a faire de l´avion-stop). J´ai donc choisi d´orienter mes recherches vers le bateau-stop.

Peu d´experience de navigation?
Non, peu est encore trop, PAS est le bon mot. Je n´ai jamais mis mes pieds sur un voilier de ma vie et c´est dans cette direction que je vais orienter mes recherches. Rien d´impossible neanmoins, sinon je serais toujours a la maison.
Et puis, ce n´est pas la premiere fois que je suis confronte a un obstacle d´eau. Rappelez-vous a la frontiere egypto-soudanaise ou j´avais du convaincre la compagnie de ferry de me prendre gratuitement sur l´un de leur bateau (meme si je ne suis pas sur qu´elle avait plus d´un bateau ) pour traverser le lac Nasser.

Toutefois, je ne choisirais pas cette fois-ci de perdre mon temps a essayer de convaincre une compagnie maritime, ayant ete convaincu par de multiples voyageurs que c´est vers la voile qu´il faut pousser ses recherches.

Pour trouver un bateau, je vais agir sur differents tableaux en meme temps car il faut diffuser l´information que je suis a la recherche d´une embarcation... la diffuser au maximum.

Mes premiers pas m´ont conduit au Waterfront du Cap, ou j´avais remarque la presence de quelques voiliers a quai.

Le Waterfront du Cap et la montagne de la Table avec son tapis de nuage en arriere-plan

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Rapidement, les skippers me font savoir que ce n´est pas au Waterfront que l´action se trouve pour trouver un bateau, mais au Royal Cape Yacht Club, situe un peu plus loin.
Apres avoir fait le tour des bateaux du Waterfront (bah oui tout de meme, je ne me suis pas derange pour rien !), je me dirige donc vers le Yacht Club du Cape.

Effectivement, le nombre de bateau est bien plus important ici, environ 300 pour vous donner une idee.

Le Royal Cape Yacht Club (photo prise du toit, on ne dira pas comment j´y ai accede)

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De la meme facon qu´au Waterfront, je commence a demander a tout le monde pour une eventuelle place a bord en proposant a qui le veut mes capacites de cuisinier, de garde de nuit ou encore de nettoyeur...
Le seul probleme, c´est que des la seconde journee, je me rend compte que je n´ai aucune idee de quel personne j´ai deja demande car a deux reprises, j´ai demande a deux personnes sur deux jours consecutifs... rien de mieux pour la bonne impression !

Je decide donc de realiser un plan de la marina, de noter le nom de chaque bateau (souvenez-vous, il y en avait plus de 300) et d´ecrire la reponse des skippers au fur et a mesure. Rien de plus simple !
Certaines des personnes rencontrees m´ont conseille d´afficher une annonce a l´accueil du Yacht Club. Je decide d´en faire une belle, au moins ca attirera l´œil, on se sait jamais.

Mon annonce quant a ma recherche de bateau a l´accueil du Yacht Club

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De plus, il faut dire que j´ai de la chance, le 3 janvier prochain sera donne le depart de la course conduisant les bateaux du Cap a Salvatore de Bahia au Bresil. Ca fera plus de bateaux dans le port comme cela.


Bon timing et surtout que la saison ou j´arrive est tres importante. C´est lors de la periode situee entre Novembre et Mars que la plupart des departs de bateaux ont lieu pour la transatlantique car les vents Est-Ouest sont favorables et le mer un peu plus calme.

De nos jours, la nouvelle generation et les nouvelles technologies sont censes rapprocher les gens. On dit que nous sommes dans le siecle de la communication. Le monde de la voile est entre dans la toile. Il y a ainsi un nombre impressionnant de site internet proposant de connecter les personnes offrant une place a bord et d´autre part les personnes en cherchant une.
Bien que je suis plutot un adepte de la rencontre directe, simple et efficace, je me suis toutefois ouvert a ce moyen de recherche.
Voici une liste des principaux sites internet permettant cet echange original.
www.findacrew.net apparait comme etre le meilleur
www.crewfinders.com
www.7knots.com
www.crewseekers.net
www.noonsite.com
www.crew4crew.net
et bien d´autres...

Pour faire dans l´originalite, j´ai decide egalement de mediatiser mon projet dans la region du Cap. La logique est que le maximum de personnes connaissant mon projet m´amenerait peut-etre plus facilement a trouver ce que je recherche.
Deux articles de journaux et trois emissions de radios ne m´auront cependant apporte que du fun car ce ne fut pas de ce cote que la lumiere vint... mais au moins attirerent l´interet d´une plus grosse radio que vous connaissez bien : France Inter, qui m´appeleront 3 fois pour l´emission « Allo la Planete ».

Interviewe par la radio Voice of the Cape... au Cap
 

Tatonnant, allant chaque jour au Waterfront puis au Yacht Club sans trouver, le temps se faisait long. Le probleme egalement fut que je devais en meme temps chercher un endroit ou me loger (c´est une constante du voyageur). Toujours grace au merveilleux site internet couchsurfing.com, ma recherche, si elle ne fut pas fructueuse en son debut, me permettait de rencontrer et de vivre au sein des familles locales.

Toujours dans l´idee d´aller chercher mon salut a droite, a gauche, l´idee me vint d´aller a l´Alliance francaise. Il y a des centres culturels francais un peu partout dans le monde et je m´y etais deja rendu a de multiples reprises comme au Soudan a Khartoum ou encore plus recemment a Port Elisabeth en Afrique du Sud. Bien souvent, cela se revele etre une tres bonne source d´information. Ce coup-ci, l´Alliance du Cap me permettra de passer dans un journal local et m´aidera meme a trouver un logement pour dormir quand le besoin s´en fit sentir.

A l´Alliance francaise du Cap avec Mai et Ludmilla Odmunsen

 

Le salut etait proche cependant. En effet, suite au conseil de certains marins du Yacht Club, je me rendis a la prochaine marina dont j´ignorais l´existence, situee juste a cote dans un endroit nomme « Eliot Basin ».


Ici, parait-il, il y a une agence de bateau a delivrer, ou plutot a envoyer dans des contrees touristiques situees aux quatres coins de la planete.
Je me rend donc dans le bureau ou j´explique mon projet... on decide de m´aider en acceptant ma candidature. Malheureusement un probleme surgit ; des mon arrivee, l´agence refuse que je reste sur place et exige que je quitte immediatement le pays ou le bateau est delivre. Que je quitte le pays par avion...
Cela m est ma foi contraire aux regles que je me suis fixe mais je tente ma chance... et je reviens chaque jour pour savoir si un bateau serait interesse... car j´apprend que la decision finale de me prendre ne revient pas a l´agence de bateau, mais au skipper.

Finalement, l´agence accepte de me fournir la liste des skippers et je les contacte tous un par un, par telephone, ou par email le cas echeant. Encore une fois... pas de reponse.

Entre temps, je decide d´augmenter mes connaissances navales et je participe a une petite course locale, sur un monocoque. Nous finirons dernier mais au moins, je sais que je n´ai pas le mal de mer !

Et enfin... je trouve....
Ce ne fut pas par les sites internet, ce ne fut pas par l´annonce du Yacht Club, ce ne fut pas par bouche a oreille, ce ne fut pas par les journaux ou la radio. Le salut vint par cette agence de bateau a livrer et d´un email que j´avais envoye a l´un des skippers.
Je n´ai pas d´experience mais ce n´est pas grave, il me suffit d´etre sympa et motive.
Bonus extreme, tous les frais me seront payes, je n´aurais meme pas a payer pour ma nourriture car d´une certaine facon, je travaille pour l´agence.

Je traverserais donc l´Atlantique sur un catamaran de luxe, non jusqu´au Bresil comme prevu mais jusqu´a Panama. Estimation de la traversee : 6 semaines. Nous serons trois : le skipper d´origine macedonienne, que j´ai pu traverser au debut de mon voyage, et le premier capitaine d´Afrique du Sud.

Le catamaran sur lequel le voyage s´effectuera


Les dernieres preparations pour le voyage s´activent : je passe chez un bouquiniste et emporte carrement 15 livres (pour la modique somme de 10 euros le tout). Il faut aussi preparer le bateau car il est important de ne pas l´abimer lors de la traversee.

Occupe a « sparadraper » le salon du catamaran pour eviter toute marque lors d´eventuels chocs
 

 En conclusion, je ne pense pas qu´il y ait de « tactiques miracles » a part la volonte. Il m´a fallut 2 semaines pour trouver mais cela aurait pu en prendre 8 car je n´aurais en aucun cas lache mon objectif de vue. L´obstination a paye.

Dans la seconde partie de cette article, vous allez decouvrir comment s´est deroulee cette traversee de l´Atlantique qui a finalement duree 8 semaines, et non 6 comme prevu.

En avant pour la traversee alors !
 

 


A tout de suite

Jeremy

 

 

 

 



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