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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Vancouver-Alaska-Vancouver

Le Canada est le deuxième plus grand pays du monde, mais n'est peuplé que d'environ 35 millions d'habitants. Mon entrée dans cet immense espace s'est effectué dans la troisième plus grande ville du pays: Vancouver. Vancouver est peuplé d'environ 2,2 millions d'habitants.

Lorsque l'on regarde la carte du pays, il est étonnant de se rendre compte que la majorité de la population vit près de la frontière sud avec les Etats-Unis d'Amérique. Le Nord canadien semble n'être seulement qu'un espace principalement innocupé... En effet, rendez vous compte que l'Etat du Yukon ne possède grossièrement que 32000 habitants, dont 24000 d'entre eux vivent dans la capitale de l'Etat: Whitehorse. La taille du Yukon est presque aussi grande que la France.


Cela m'intrigua suffisamment pour décider d'aller jeter un oeil, de tenter de voir pourquoi si peu de gens vivent dans cette région et de quoi ils vivent. Mon but fût de me diriger le plus au Nord possible avant l'arrivée de l'hiver. Cet objectif me conduisit de Vancouver jusqu'à Fairbanks en Alaska, avant de revenir à mon point de départ.

Voici le récit d'un aller-retour de 7600 kilomètres en 38 véhicules.

 

 

Au Nord, y'avait les … chercheurs d'or

Rapidement, ma question de savoir pourquoi si peu de gens habitaient le Nord a trouvé une réponse plutôt logique... il fait plutot froid en hiver. Les locaux rencontrés sur ma route m'ont tous confirmé que la température de -40 degrés celsius était complètement normale autour de janvier-février.

J'ai moi-même pu voir la différence, en étant remonté vers mon point le plus septentrionnal au début du mois d'Octobre avec une température avoisinant les 10 degrés.

A mon retour deux semaines plus tard, l'hiver commençait tout juste à pointer le bout de son nez.... tarif du jour: environ -15 degrés celsius et une différence de 25 degrés en deux semaines!

La route début Octobre dans le Nord de la Colombie Britannique

 

 Deux semaines plus tard, quasiment au même endroit, le paysage avait changé


La raison qui a amené la colonisation de cette partie hors des sentiers battus du continent fût l'attraction de cette petite chose brillante appellée “Or”.

L'argent, l'argent... Nous pouvons dire que c'est une des choses qui motive l'humain à déplacer des montagnes, ou plutôt à patauger les pieds dans l'eau dans ce cas là.

Dans le Yukon, le désormais hameau de Burwash Landing nous rappelle son passé de “Ruée vers l'or” qui avait attiré des milliers de prospecteurs d'or dans cette région au XIXème siecle. Ceux-ci utilisaient un filtre circulaire pour trouver des pépites d'or dans la rivière.

Un filtre souvenir pour prospecter de l'or à Burwash Landing

Il n'était pas facile d'accéder à ces lieux plutôt isolés. Néanmoins, pour les chercheurs d'or, le jeu en valait la chandelle. Pour ma part, le fait d'accéder dans cette partie du monde m'a aussi fourni ma part d'or: le droit d'admirer une nature encore très peu touchée par l'homme...

 

 

Ce que la nature nous offre

Venant de France, je n'avais pas la notion de grand espace avant de parvenir dans cette région du monde: le Nord Canadien et l'Alaska.

Il n'y a généralement qu'une route et très peu de villages le long de celle-ci.

Qu'est ce que très peu de villages?

Il m'a été possible de ne voir qu'un village d'environ 500 habitants entre Fort Nelson et Whitehorse par exemple. Fort Nelson est distant de 950 kilomètres de Whitehorse...

Quelques stations-services sont situées complètement indépendemment le long de la route. Essayez de ne pas les manquer!

Entre ces villages et ces stations-services, imaginez-vous une nature à l'etat sauvage, une vie animale prohéminente...

 

 

-La faune nord-américaine

Ce que la nature nous offre dans le Grand Nord, ce sont des ours noirs, des grizzlis, des caribous, des orignaux, des wapitis ou encore des bisons, des loups et aussi des coyotes. J'ai eu la chance de croiser

certains d'entre eux sur ma route, en faisant bien attention que mon conducteur ne heurte pas l'un d'entre eux, car ils surgissent très rapidement sur la route... Et oui! Ce sont des animaux sauvages!

Le bison, qui semble avoir tout son temps, et peut-être même un peu plus que ça


La chance m'a permis de tomber sur une petite famille de caribous, qui gambadait joyeusement au bord de la route également. Ce fût assez divertissant de les regarder bondir entre les herbes.

 

-Montagnes, forêts, lacs

Sachant qu'il y a très peu de présence humaine dans ces immenses espaces du Nord du Canada et de l'Alaska, il m'a été possible de découvrir certains paysages admirables.

Dans le Yukon, il n'est pas rare de tomber sur ce genre de vue, comme ici devant le lac Kluane.


Dans le nord de la Colombie Britannique, vous avez un parfait exemple de l'ensemble “Montagne-forêt-lac”, si commun dans cette région du globe.


Il y a beaucoup de chasseurs dans le Nord Canadien et dans le 49ème Etat des Etats-Unis. Certains d'entre eux m'ont pris en autostop, mais il m'est aussi souvent arrivé de me retrouver à tendre le pouce à 300 kilomètres du village le plus proche... soit vraiment au milieu de nulle part!

Dans ces situations, j'avais au moins l'opportunité de prendre quelques photos.

 

Un paysage de forêt et de montagne, dont le sommet etait déjà enneigé à cette période de l'année

 

 

-Le climat

“Rude” est le qualificatif le moins fort que j'ai pu trouver il me semble. Le froid peut être très saisissant , atteignant chaque année une température de -40 degrés celsius. J'ai pu rencontrer un natif americain (communément appelé “indien d'amérique”) qui me racontait avoir vécu des températures allant jusqu'à -75 degrés celsius dans son enfance...

A -15 degrés, je me gelais déjà les pieds, je pense avoir bien fait de redescendre avant l'hiver!

Début Octobre, dans le Yukon, les lacs commençaient déjà à geler.

 

 

 -Des phénomènes incroyables

Vous avez peut-être déjà entendu parler du “soleil de minuit”? En Alaska et au dessus du cercle polaire,

il est possible d'observer des journées de 24 heures, où le soleil ne se couche jamais. Pendant les six mois d'hiver néanmoins, vous avez par exemple à Anchorage (plus grande ville de l'Alaska), une moyenne de 3 à 4 heures de soleil par jour... ce qui peut être plutôt déstabilisant.

Il etait près de 11 heures du matin a Fairbanks en plein mois d'Octobre. Les journées diminuent...


L'aurore boréale, vous en avez aussi peut-être entendu parler? Ce sont ces lumières vertes qui jaillissent dans le ciel pendant la nuit. Elles sont visibles majoritairement en hiver et souvent dans ces zones polaires de notre Planète. J'ai également eu la chance d'assister à une petite, et je dois dire que ces couleurs sont tout simplement irréelles.

Malheureusement, je n'avais pas le matériel pour réussir une belle photo, alors je vais partager avec vous un image provenant de la toile, pour vous donner une meilleure idée du phénomène.

(photo provenant d'internet)

 

 

L'adaptation à un environnement hostile

Même dans les environnements les plus hostiles, vous trouverez souvent des civilisations qui décident de s'installer. Rappelez-vous les bédoins dans le désert de Syrie ou les nubiens au nord du Soudan.

Ici, l'univers est plutot différent, mais le problème reste le même: comment survivre et quelles ressources utiliser, sachant qu'en hiver, tout gèle?

Il est ici impensable de vouloir cultiver quelconques légumes ou de travailler la terre. En effet, ici il y a le “permafrost”, un sol gelé en profondeur et en continu... Nous oublierons donc cette solution pour survivre.

Certains choisissent de travailler le bois, omniprésent ici, et de devenir des artisans. Dans le petit village de Chetwyn en Colombie Britannique, un artisan a exposé son travail de sculpture.


Le pétrole est très présent, notamment dans le Nord de l'Alaska, près de Prudhoe Bay. Ceci représente une importante partie de l'économie américaine. Le gouvernement américain a donc construit une immense pipeline allant de Prudhoe Bay à Valdez (près d'Anchorage), permettant au pétrole de s'écouler sur une distance de plus de 1300 kilomètres.

 

Anchorage est une ville dont l'économie est principalement basée sur son activite militaire et pétroliere


Pour se déplacer, les voitures auraient quelques difficultés de parcourir les chemins en dehors des routes asphaltées en hiver. Les chiens de traineaux sont aujourd'hui très peu utilisés mais existent toujours. Ils ont néanmoins principalement été remplacés par les skidoos, que j'essaierais de prendre en stop dans un futur proche.

Une fresque murale à Whitehorse, un ancien mode de déplacement: les chiens de traineaux


 

 

L'autostop dans le Grand Nord

L'autostop en direction de l'Alaska en cette période de l'année a été très different de ce que j'ai pu vivre auparavant. En effet, comme je le disais, les kilomètres séparant chaque village furent une garantie pour moi de trouver des véhicules m'offrant de longues distances à parcourir. A deux reprises, j'ai pu obtenir des lifts de 1000 kilomètres chacun.

Mon signe “World Tour” m'a également aidé à arrêter des véhicules, intrigués par la destination plutôt imprécise.

En autostop, à Haines Junction, dans le Yukon


Néanmoins, il m'est arrivé de me retrouver bloqué, car peu de personnes effectuent d'aussi longues distances regulièrement. J'ai donc battu mon record d'attente de mon tour du monde à Fort Nelson, en étant resté bloqué10 heures au même endroit.

Le danger, c'est de se retrouver bloqué au mauvais endroit. Dix heures ne furent pas exactement un problème dans la mesure où je me trouvais dans un village, et que je pouvais donc trouver facilement un endroit pour me réchauffer. Cependant, passer la nuit dehors avec des températures souvent en dessous de 0 degré celsius sans posséder de matériel adéquat pourrait être dangereux.

La population locale connait ce problème et n'a pas hesité à m'aider quand il le fallait. J'ai ainsi été hébergé à plusieurs reprises par des conducteurs qui m'avaient pris en autostop.

Un couple en Alaska n'a pas hesité à me proposer de m'héberger pour la nuit, après m'avoir pris en stop


Dans les cas extrêmes, préparer un feu ne fût pas de trop pour passer la nuit un peu plus au chaud, comme ici en Alaska... En plus, cela aide pour préparer la cuisine!


J'ai également été invité à présenter mon projet dans une école à Dawson Creek. En effet, j'aime partager mon aventure et tenter de propager un message d'ouverture d'esprit dans les milieux éducatifs. Si j'ai la chance d'ouvrir une manière de penser alternative pour les jeunes, et de leur expliquer la différence entre la réalité des médias et la réalité sur le terrain, je le fais avec plaisir.

Une petite photo avec les élèves de l'école “Ron Pettigrew “à Dawson Creek, après la présentation



Monter vers l'Alaska fût sans doute l'une de mes meilleures décisions de ce tour du monde jusqu'à présent. Outre le fait de découvrir une vie naturelle extraordinaire, j'ai pu partager des moments simples avec une population très accueillante.

Je voudrais en profiter également pour aborder le sujet du réchauffement climatique. Nous en parlons beaucoup aujourd'hui, mais le problème est toujours là... En 50 ans, la température a augmenté de 1,6 degrés celsius en Alaska par exemple.

Oui, celà ne semble rien, mais rendez-vous bien compte que cette petite hausse de température a obligé le gouvernement américain à offrir une aide de plusieurs millions de dollars à la communauté innuite de Shishmaref dans le Nord-Ouest de l'Alaska, car le niveau de la mer avait tendance à monter.

Je ne vois pas comment une telle somme d'argent aurait pu être debloquée si il n'y avait aucune responsabilité humaine derrière celà.

Encore une fois, prenez conscience des dangers que notre planète encourt. Il existe des groupes de personnes s'activant pour la protection de notre Monde. Pensez au groupe Avaaz par exemple, qui organise des signatures de pétitions pour faire pression sur le prochain traité contre le réchauffement climatique, qui aura lieu du 6 au 14 décembre prochain... Pour ne pas revoir un autre protocole de Kyoto...

Cliquez ci-dessous pour voir une vidéo, relatant l'ampleur de la derniere action d'Avaaz sur le réchauffement climatique:

Video Réchauffement Climatique Avaaz

En attendant, je vous retrouve très bientôt, si je peux m'enfuir de ce paradis pour les autostoppeurs:

Pouce Coupé!


A très bientôt,

Jérémy



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