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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Tour de France

la découverte du concept de l’hospitality club...

Dans l’optique de mon départ en septembre prochain d’un tour du monde en autostop, voilà à petite échelle un test personnel me permettant de voir où mes capacités personnelles en sont à 10 mois de la formidable échéance.

Je suis donc parti avec mon fidèle compagnon de voyage, j’ai nommé Raphaël, un certain Samedi 21 Octobre 2006, de Caen, pour un voyage que je terminerai seul un Mardi 7 Novembre.

Voici donc un suivi des événements tenus au travers d’un désormais très utile Carnet de Bord.

Samedi 21 Octobre

Nous nous réveillons aujourd’hui vers midi, couchés le matin même vers 6 heures après une soirée où nous nous sommes fixé le but de réaliser un tour de France en Autostop. Nous faisons rapidement nos sacs, bien plus légers que ceux que nous avions transporté lors de notre tour d’Europe l’année passée puisqu’ils ne contiennent que quelques affaires de rechanges, une trousse de toilette et une carte de France.. No more !

Nous nous dirigeons donc à pied vers le périphérique de Caen, la première étape sera Rennes.

La première voiture se trouve être quelqu’un que je connaissais déjà sur Caen, amusant détail. Celle-ci nous dépose un peu plus loin sur le périphérique, puis une deuxième voiture nous dépose à l’entrée de l’autoroute vers Rennes où un médecin nous conduira d’une seule traite.

Me voici à l’entrée du périphérique de Caen

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Nous arrivons donc à Rennes, nous marchons vers l’intérieur de la ville jusque devant un lycée et Raphaël appelle une amie à lui pour passer la nuit chez elle. C’est magnifique, nous sommes invités (oui nous n’avons pas prévenu de notre arrivée bien entendu J) et la chose la plus amusante est que son appartement se trouve.... dans le lycée qui nous fait face ! !

Nous passons la soirée chez elle où nous assistons à un défilé de personnes (d’ailleurs à fort pourcentage féminin) puis nous passons une première nuit hors de notre contrée normande.

Arrivée à Rennes

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Dimanche 22 Octobre

Nous partons tôt le matin avec une étape en vue pour la fin de journée : Niort ou Poitiers.

Ce matin il pleut mais avec chance dès que nous reprendrons le stop ce temps humide s’arrêtera (d’ailleurs aussi étonnant que cela puisse être en plein Automne, je n’ai à aucun moment effectué du stop sous la pluie).

Nous sortons de la ville et nous dirigeons sur la 4 voies menant vers Nantes, aujourd’hui nous serons pris par deux voitures : une composée de roumains et l’autre de russes. Ce qui nous mènera finalement à Poitiers. Seulement pour retrouver la route du centre ville nous sommes amenés à couper à travers champs et à traverser une petite rivière...

Raphaël avant...

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...Raphaël après

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Pour ma part, cette traversée me vaudra un rhume que je garderai jusqu’à la fin du voyage.

Nous arrivons finalement au centre ville vers 17h et la question cruciale est de savoir où nous allons dormir ce soir, sachant que nous n’avons délibérément pas prévu de « Budget Hôtel ».

Là me vient à l’idée le concept de l’hospitality club, qui en réalité est la proposition par d’hébergement par des particuliers dans le but non pas seulement d’aider mais d’un échange culturel. Ce soir, c’est grâce au site internet couchsurfing.com que nous trouvons un toit à Poitiers, chez un professeur de Fac, et donnant également des cours à la Sorbonne. Eric, de son prénom, un grand voyageur et en qui nous apprenons quelques notions sur le Canada, les Etats-Unis mais surtout la Chine.

Lundi 23 Octobre

Après une rapide visite de la ville, nous quittons Poitiers pour Bordeaux via Angoulême.

A la sortie de Poitiers, un van Renault (me semble t’il) s’arrête, nous rentrons dès alors dans l’univers de Renaud : « Musique de Renaud, un copilote semblable à Renaud et en plus habillé à sa manière ». On y passe un très bon moment avec eux d’ailleurs en se laissant bercé par l’ambiance renaudienne. Après avoir pris une mauvaise sortie, la conductrice nous laisse enfin au bon endroit et nous nous quittons donc sur la route.

Nous avançons un peu et un étudiant très sympathique allant à Angoulême nous embarque et nous y laisse.

Une preuve irréversible de notre passage à Angoulême.

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Puis là quelques instants de galère à longer cette satanée rambarde sur la route menant à Bordeaux, il n’y a aucune place pouvant laisser une voiture s’arrêter alors nous marchons, marchons... et un type s’arrête. Nous l’avons surnommé ironiquement BeauBeauf (même si je déteste me moquer des gens qui nous ouvre leur voiture et donc nous aide) mais cet homme était le parfait cliché du Beauf décrit par Coluche (raciste, macho, etc...)Enfin bref, il était amusant à observer et il nous laissa donc gentiment dans un routier.

D’ici nous reprenons la marche en avant et après une longue attente nous décidons d’aller tenter notre chance directement au routier mais... sur le chemin une voiture s’arrête un homme nous emmène directement jusqu’à Bordeaux. Un type très sympa qui nous explique un peu comment est la ville et la région bordelaise. Je pense d’ailleurs qu’il a fait un détour exprès pour nous laisser au plus près du centre.

Nous visitons un peu la ville et nous passons au cybercafé pour trouver un endroit où dormir ce soir, nous trouvons donc une place dans le quartier Saint Michel chez notre amie polonaise Johanna. Elle nous accueille avec toute l’hospitalité typique à la Pologne et nous sortons rencontrer une autre membre de l’hospitality club, Ali, qui est une bonne baroudeuse également puisque c’est une très grande adepte de l’autostop (elle partait d’ailleurs le Jeudi suivant en autostop à Cracovie en Pologne). Nous finissons la soirée à discuter autour d’un thé chez Johanna, qui est une fille très cultivée mais aussi très intelligente et qui a également beaucoup voyagé.

Moi, Johanna et Raphaël

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Mardi 24 Octobre

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Johanna pousse l’hospitalité jusqu’à nous laisser les clefs le lendemain pour que nous puissions dormir un peu plus ! Nous lui glissons sous la porte lors de notre départ puis nous quittons cette jolie ville de Bordeaux et son inénarrable quartier populaire Saint Michel pour Toulouse, la ville rose.

Quelques photos de Bordeaux

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Nous nous retrouvons donc aux portes de la ville, et en ce matin encore une fois ensoleillé (depuis le début la température flirte avec les 25°C... on verra l’impressionnante chute de chaleur dans une semaine) une voiture s’arrête après 10 minutes et nous mène à l’entrée de l’autoroute menant à Toulouse. Ce n’est pas vraiment un endroit stratégique puisque cette entrée ne laisse pas vraiment la place pour s’arrêter mais heureusement le trafic est peu dense dans cette direction (ça pourrait être paradoxalement le comble de l’autostoppeur). Heureusement un jeune s’arrête et nous mène à une aire de repos.

Il faut savoir qu’à ce moment je n’avais pas encore testé la technique de la station essence qui consiste à aller tout simplement demander un lift (ou être pris en autostop) aux personnes faisant leur plein ou allant se ressourcer à la station.

C’est pour cette raison que nous nous sommes placés à la sortie de l’aire de repos... avec très peu de succès car lorsque nous nous dirigeons vers la station pour aller acheter à manger, une voiture s’arrête... et nous prend ! Victoire !

Cependant au premier abord, la personne semble plutôt réticente au dialogue mais en forçant un peu celui-ci, nous apprenons que c’est un prêtre et qui a réalisé un tour des Etats-Unis en autostop... de là le dialogue prend place et une très bonne discussion sur les voyages mais aussi la gastronomie et les vins locaux s’ensuit.

Notre ami prêtre nous laisse donc sur une aire de repos où nous reprenons notre mauvaise technique puisque nous y attendons bien ... 3 heures ! Le temps de commencer à nous demander réellement où nous dormirons ce soir et une voiture s’arrête enfin et un jeune nous porte jusqu’aux environs de Toulouse, un véritable merci à lui.

Du péage des environs de Toulouse, je n’aurais le temps que de faire un arrêt pipi pour que Raphaël réussisse à arrêter une voiture d’où un jeune revenant du travail nous mène directement au centre ville, il a même fait un détour pour nous déposer prêt d’un cybercafé car il est déjà 18h et nous ne savons pas où dormir encore une fois.

Nous décrochons un rendez vous à 23h sur la place du Capitole avec une certaine Marie-Pierre, c’est notre dernière carte pour ce jour...enfin cette nuit car nous ne la connaissons pas et nous espérons qu’elle viendra...

...Encore merci Hospitalityclub, car Marie-Pierre est bien venue, avec Marie une amie à elle, nous sommes allés boire un verre dans un bar à salsa car Marie-Pierre est fan de cette danse et nous rentrons tout de même assez exténué de cette journée, et nous dormons... sur un matelas réellement bien...venue !

Moi, Marie-Pierre et Raphaël

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Mercredi 25 Octobre

Le lendemain nous errons quelques moments dans Toulouse, prenons quelques photos avant de partir direction Carcassonne.

La place du Capitole, jour de marché le mercredi matin

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Moi-même devant le pont Saint-Pierre surplombant la Garonne, à droite on aperçoit le Dôme de la Grave

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Olala, quelle galère de sortir de Toulouse croyez-moi ! Ayant vue à quelle heure (vers midi) nous atteignons la sortie de Toulouse, nous décidons de plutôt rallier Carcassonne que Montpellier, ce sera plus possible nous l’espérons.

En plus de cela, nous attendons deux heures devant ce flux de voitures qui semble aller partout sauf dans notre direction. Nous décidons donc de longer l’autoroute par un chemin pédestre sans doute pas fait pour ce genre de marche, et vers 15h nous arrivons enfin au péage.

...euh le péage en question

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Une attente d’environ 20 minutes et là une voiture s’arrête :
« Vous allez où ? »
-Carcassonne !
-Ah bon ? Moi je vais à Montpellier !
-Oh bah nous aussi du coup !

Et voilà la chance qui ressurgit ! Donc notre pilote aujourd’hui est un militaire de l’armée de l’air qui revient chez lui à Montpellier, le gars est super cool et on passe donc ces 250 km en sa bonne compagnie.

Il nous laisse à une station de métro à l’entrée de Montpellier... en grand seigneur.

Et bien pour notre part, nous le prenons ce fameux métro et nous arrivons en centre ville, puis le traditionnel cybercafé et également la traditionnelle bière de la victoire, en l’occurrence aujourd’hui Place de la Comédie, dans un bar où le patron est un véritable original qui nous hèle à notre entrée...la bienvenue !

Somptueuse place qu’est cette Place de la Comédie

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Montpellier est une ville étudiante à l’instar de Rennes et c’est donc dans une Cité Universitaire que nous trouverons logis, chez une polonaise évidemment ! Lena nous accueille donc avec deux de ses amis et c’est parti pour une soirée endiablée où au bout de deux minutes nous nous retrouvons un verre de vin à la main. Une bonne piquette à l’étudiante mais que c’est bon ! Cette soirée nous dirigera dans notre groupe d’une dizaine de personnes vers La place du Pérou puis en boite (au Rockstore si je ne m’abuse) où une cadillac est encastrée dans le décor, ou ce n’est ce vin qui m’a fait croire que... lol non il y avait bien une cadillac encastrée dans le mur oui oui.

Retour et dodo vers 5-6h du matin, le départ prévu vers 10h va être difficile.

Jeudi 26 Octobre

Le départ ne se fait pas à 10h mais le réveil si ! Ce n’est pas bien grave puisque la prochaine étape est Marseille, situé à 170km et que nous avons déjà un hébergement chez un ami là-bas.

Nous disons au revoir et merci à Lena en échange d’une petite photo souvenir (ci-dessous)

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La traditionnelle petite visite du matin qui nous fait vraiment apprécier cette jolie ville de Montpellier, très dynamique de surcroît et nous la quittons donc pour nous orienter vers la Bonne Mère de Marseille.

Direction donc la sortie de la ville

Ahh ces satanés sorties de ville ! Nous trouvons rapidement un rond-point où nous placer, là un type nous sort rapidement de cette place mais pour nous déposer quelques 500 mètres plus loin à une entrée d’autoroute...rrr...Nous la longeons donc pour atteindre un hypothétique péage (celui de Toulouse n’était qu’à 5km de la ville) mais au bout de quelques mètres voilà qu’un employé des Autoroutes du Sud de La France avec son camion jaune s’arrête près de nous et nous invective en nous expliquant que le prochain péage n’est pas plus loin que 30km !!

Demi-tour donc et direction le rond-point qui donne l’entrée sur cette fameuse autoroute, ce n’est pas le luxe mais on va la tenter n’est ce pas ! Et bien on a raison, une demoiselle d’une vingtaine d’année s’arrête par élan de solidarité envers les autostoppeurs et nous mène à Nîmes... what a wonderful world !

Et donc au péage de Nîmes, la prochaine étape est donc Marseille, enfin jugez de vous-même...

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Sous une chaleur qui a parait-il atteint les 28°C, nous attendons donc une prochaine voiture. Et un homme s’arrête, un marocain avec qui nous avons une formidable discussion, celui-ci s’arrête même à une aire d’autoroute pour nous y payer le café, c’est pas beau tout çà ?

Notre nouvel ami nous dépose à Aix en Provence où nous utilisons notre nouveau panneau pour qu’un dernier jeune s’arrête et nous dépose en centre ville de Marseille où Raphaël devra me laisser pour cause de...reprise de travail le lundi qui suit.

Nous retrouvons donc notre pote « Di Stef » accompagné d’un ami à lui (Alex)à la station de métro La Timone. Nous pouvons tester la spécialité locale : Le Pastis (bien qu’un Ricard nous fut servi) et s’ensuit une très sympathique soirée dont je vous passe les détails.

Voici les deux fanfarons (Di Stef et Alex)

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Vendredi 27 Octobre

Cette journée, enfin cet après-midi (la matinée fut logiquement destinée à un repos mérité) est consacrée à une visite un peu plus élaborée de la ville, sachant que pour ma part c’est la première fois que j’y mets les pieds.

Nous allons donc jeter un œil au stade Vélodrome, au vieux port, la vieille ville, enfin on fait un tour dans la ville et je constate que Marseille n’a rien à voir dans son architecture à l’ensemble des villes française, c’est très spécial, très typique. A l’image des habitants qui sont très attachés à leur ville, je dois dire que Marseille est réellement à part et qu’il n’est pas difficile de dire que Marseille on aime, ou on n’aime pas.

Un peu de stop sur le vieux port

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Au loin, la Bonne Mère

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Cette journée s’achève doucement car demain je reprend la route seul direction Lyon.

Samedi 28 Octobre

Départ de la cité phocéenne vers 8h, Raphaël a pris le train de 7h30 pour Paris. Allez, j’ai toute la France à remonter maintenant !

Toujours le même problème pour m’extirper des villes, et Marseille ne sera pas l’exception. Etant donné que l’autoroute démarre quasiment du centre ville, je me débats une bonne demi heure pour arrêter enfin cette première voiture qui m’aide à sortir du centre.

Me voilà donc dans les quartiers nord de Marseille, je me place à l’entrée de l’autoroute et une attente de 20 minutes est nécessaire jusqu’à ce qu’un homme turc s’arrête et m’emmène sur la route menant à Salon-de-Provence, je dis bien la route car c’est dans un petit village que je cherche ma 3ème voiture de la journée.

Celle-ci est trouvée et m’emmène jusqu’à Saint Chamas il me semble, un très joli petit village méditerranéen. Cependant ces routes départementales, même si le paysage est joli, ne me font avancer qu’à petit pas et je vais obligatoirement devoir passer par l’autoroute si je veux être à Lyon ce soir.

Alors à Saint Chamas, une voiture s’arrête, je crois que c’est pour moi, un jeune homme en sort...apparemment il est déposé par la voiture...nan l’aubaine est trop belle, je tente ma chance quand même, c’est bon il me prend et me déposera à Salon-de-Provence.

Ici j’y connaîtrais la joie des échangeurs, ces fameux péages à doubles entrées et sorties. D’où la nécessité à certains moments d’avoir un panneau, mais je n’ai ni carton, ni crayon...seulement la patience. Celle-ci, de toute façon est ma meilleure arme et une voiture s’arrêtera finalement, un type « du coin » m’emmène jusqu’à un autre échangeur...youpi !

Vue depuis la route départementale menant à Salon-de-Provence

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Entre temps, j’aurais découvert que c’est lui aussi un grand voyageur mais qui est resté longtemps dans chaque pays où il a vécu (Nigéria, Arabie Saoudite etc...). Mais il est maintenant temps de décoller de cet échangeur, et là je me rappelle que j’ai toujours le papier sur lequel Raphaël avait marqué « OM », j’y marque au dos « Lyon » et fait bien attention à le mettre du bon côté pour ne pas repartir dans l’autre sens.

Après une bonne attente qui doit flirter avec l’heure et sous une chaleur désormais écrasante en ce début d’après-midi, un type s’arrête, un peintre, et me conduit jusque vers Montélimar me semble t’il, et sur une aire de repos.

Et c’est là que pour la première fois, je vais mettre en situation la technique de la station essence qui m’aidera beaucoup pour la suite. Je demande à quelques personnes pour me chauffer, et c’est vrai qu’au départ ce n’est pas très facile, je n’ai pas encore de beau discours mis au point mais bon au final il m’a fallu 10 minutes pour trouver une voiture et quelle voiture !

Tout d’abord, Régis (on va l’appeler par son prénom quand même) accepte et me paye donc un café pour faire connaissance. Nous partons, j’apprends que ce dernier est un sportif de haut niveau (en course à pied) et qu’il participe à de grandes courses à l’étranger (Australie, Nouvelle-Zélande, Népal) et il me file même quelques tuyaux pour l’établissement de mon dossier de sponsoring.

Sacré bonhomme que ce Régis, car en plus il me dépose directement dans Lyon, près de la place Bellecour. Me voici donc arrivé avant 17h, et je ne l’ai pas mentionné mais j’ai un toit où dormir car j’ai un ami qui habite Lyon.

On se retrouve place des Terreaux (ou place de l’Hôtel de Ville), et nous montons chez lui où il est en collocation avec 3 autres filles. Nous sortons un peu le soir puis nous rentrons et silence radio.

Dimanche 29 Octobre

Si je ne l’ai pas dit, c’est que je ne l’ai pas fait, et ce sera aujourd’hui je l’ai décidé. Je dois effectivement laver mes affaires car ça commence à sentir le bouc dans ce sac ! Et c’est un ami à moi habitant Lyon qui m’aidera à le faire, un certain Gary. Nous passons un moment chez lui à discuter, je me rend compte que ça fait longtemps que je ne l’avais pas vu.

Puis pour ne pas retomber sur mes lauriers, je cherche un logement pour la nuit sur Hospitalityclub, histoire également de rencontrer de nouvelles personnes et de connaître un peu mieux la vie lyonnaise.

J’ai eu de cette façon la chance de connaître Christelle, également une aficionado du voyage qui m’a un peu expliqué la vie au Brésil notamment. Elle m’a également fait découvrir une façon de voir Lyon, à travers les Traboules (ce sont des petits passages entre deux rues, des sortes de raccourcis en un mot), l’histoire du Gros Caillou (ce gros caillou fut découvert lors de la creusée de la roche pour la construction du tramway). Elle m’emmena également à un concert totalement délirant puis à une soirée comme dirais-je... « Free music ».

Un très bon moment donc que cette dernière journée sur Lyon en compagnie d’une très bonne guide !

Intérieur d’une Traboule

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Le fameux Gros Caillou

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Les chevaux de la Place des Terreaux

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Christelle, la guide !

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Lundi 30 Octobre

Aujourd’hui direction la Suisse, le but est d’accéder plus facilement à Strasbourg mais également de tester la portée internationale du concept HospitalityClub.

Pour ne pas changer, la sortie de Lyon fut pour le coup rocambolesque. J’ai du encore marcher 20 kilomètres en longeant une rambarde d’autoroute après avoir traversé le lac de Méribel.

Me voici en pleine marche

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J’arrive donc à un péage où une très sympathique et très bavarde dame (j’adore les gens bavard en voyage !) me prend et m’amène jusqu’à la frontière suisse.

Les chemins passant par l’Ain et la Savoie sont magnifiques

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A partir de ce point, j’hésite à pratiquer le stop me rappelant l’épisode de la frontière tchèque (voir le récit « Escapade en Europe) et je vais me renseigner directement auprès des militaires qui gardent la frontière. Ceux-ci vérifient mon passeport et m’indiquent directement la voie à suivre pour accéder au centre de Genève, il y a à peu près 1h30 de marche me dit-il, je vais les tenter, je suis plutôt en avance par rapport à mes estimations.

Ce fut un plaisir cette petite marche et j’ai d’ailleurs le temps de faire une petite visite de la ville dès mon arrivée. Rendez-vous est également pris à 18h devant la gare avec Eszter, mon hôte du soir (encore une fois merci à hospitalityclub). Genève est une ville très spéciale, notamment du fait de la présence de la multiplicité d’organisations internationales dont la plus connue est l’ONU. On est peu touché par l’histoire de la ville mais plutôt par la portée internationale qu’elle a.

Le soir, nous allons voir le film « Woodstock » au cinéma universitaire avec Eszter et une amie à elle, malheureusement la fatigue est trop importante en moi et je ne peux suivre correctement le film, enfin heureusement pour moi je l’avais déjà vu.

Le somptueux Lac Léman

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L’entrée de l’ONU (Organisation des Nations Unies)

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Eszter

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Mardi 31 Octobre

Contrairement au Lyon-Genève, le Genève-Bâle ne se fera pas en une seule voiture, mais neuf ! En effet, la Suisse étant un petit pays, les distances réalisés par les automobilistes sont plus courtes et sachant que je veux traverser quasiment la moitié du pays, il est évident que beaucoup de voitures seront nécessaires (à moins d’un formidable coup de chance).

Pour moi, la chance ce sera d’avoir eu la possibilité de rencontrer plusieurs personnes différentes dans la même journée.

Fait exceptionnel : en sortant de Genève, cherchant une place où une voiture peut s’arrêter, une voiture se gare devant moi et un type me propose de m’avancer, et bien çà alors ! Il s’appelle Alain, il vient du centre de la France (entre Bourges et Montluçon) et lui c’est un sacré voyageur ! Nous sympathisons rapidement, nous faisons quelques arrêts photos sur la route et nous nous échangeons les numéros, ce sont çà les merveilles de la route.

Le Lac Léman au matin

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Cinq minutes après qu’il m’est laissé une autre voiture s’arrête et j’avance encore un peu. Puis le jeune homme me laisse à une entrée d’autoroute où j’attends bien 5 minutes également avant qu’une jolie jeune femme, très dynamique, s’arrête et me prend. Eh bien, le stop en Suisse ça marche très bien ! Encore 2 personnes me prendront jusqu’à ce que j’arrive à une station service où je remettrai ma nouvelle technique à profit, je tomberais sur un type sympa avec un beau chien de montagne à mes pieds qui me tiendra chaud (oui car on est passé en une semaine du 28°C de Marseille à environ 5°C ici et même jusqu’à 0°C plus loin à Strasbourg). Après une autre voiture conduite par une femme qui avait un accent très fort du pays, et très charmant également, me voici à une aire de repos où j’apostrophe deux jeunes qui m’oriente vers leur conducteur : Michaël.

Ce dernier accepte de me conduire sur un bout de chemin et nous discutons jusqu’à l’arrivée des deux autres. Ce sont 3 supporters de Hockey sur glace (les Irréductibles Grenat ou IG02) et nous sympathisons rapidement, sachant que je suis moi-même supporter de mon équipe de football local du FC Rouen 1899 (le groupe se nomme Kollectif Indépendant Rouennais ou KIR03). Quand je dis nous sympathisons, je pense qu’ils auraient pu réellement devenir des amis si nous vivions dans la même zone géographique, cela m’arrivera d’ailleurs à plusieurs reprises mais surtout chez les personnes où j’irais dormir, il est en effet rare de tisser des liens sur des durées aussi courtes qu’un lift en autostop.

Michaël, Vanessa, moi et Christophe

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Un dernier lift me sera nécessaire et il me faudra 2 minutes pour trouver une voiture à partir de la station service où mes nouveaux amis suisses m’auront laissés. Ce sera un jeune allemand allant près de Karlsruhe qui me déposera à côté de la gare de Bâle. Il fera également un détour pour moi.

Voici une prévention pour l’air que j’ai trouvé amusante sur le chemin

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Cependant il fait déjà nuit, je n’ai pas d’endroit où dormir et je ne peux pas appeler les numéros que j’ai obtenu car mon portable refuse de fonctionner. Je demande de l’aide à un hollandais qui se trouve devant la gare et à ce moment une certaine Kati m’appelle et me propose son logement, c’est bien tombé !

Je reste 20 minutes à parler avec ce néerlandais qui était ma foi très intéressant à discuter puis je me dirige à Volta Platz, l’endroit où Kati m’attend. Je trouve une fille blonde à cette station et je l’interpelle mais apparemment ce n’est pas elle Kati !!

Effectivement la vrai Kati se trouve derrière moi et elle m’amène donc chez elle. Cet endroit je vais vite l’adorer, c’est un peu bordélique mais comme dit Romain Duris à propos de l’auberge espagnole, on s’y sens vite à l’aise.

J’y rencontre Giovanni le voisin du dessous, Laurena une brésilienne que je reverrai à Paris et un ami de Giovanni.

Kati est une fille extrêmement plaisante et pleine de vie, je suis vraiment bien tombé encore une fois. Nous passons la soirée tous ensemble et je tiens à mettre l’accent sur le superbe repas qui nous a été servi, pour les remercier je ferais la vaisselle !

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Moi, Giovanni, Laurena (déguisée pour Halloween), Kati et un ami de Giovanni

Mercredi 1er Novembre

Ce matin, Kati me fait découvrir la ville de Bâle à vélo et ma foi, c’est une ville assez sympathique et sans prétention, le centre est assez petit mais typique.

Bâle et le Rhin qui la traverse

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Je quitte mon hôte d’une nuit et je me dirige vers la France, à pied, car le village de Saint Louis et donc la frontière française est en continuité de la ville de Bâle et à 15 minutes de l’endroit où j’ai logé.

Mon but est d’atteindre Strasbourg pour ce soir, ce devrait être assez facilement faisable sachant que seulement 135 kilomètres séparent les deux villes.

Je marche jusqu’à l’entrée de l’autoroute où un homme allant vers Paris me prend en lift, il me dépose jusqu’à la désormais traditionnelle station-service où je demande à un couple de m’avancer. Ceux-ci acceptent, ce sont des randonneurs qui se rendent dans les Vosges et ils me font un petit descriptif de la région. Ils me laissent donc à une autre aire de repos où je sympathise avec la fille de la station jusqu’à ce qu’une voiture d’un italien accepte de me prendre.

Un château au sommet d’une colline dans les Vosges

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Je ne me rappelle plus son prénom mais nous avons eu une très bonne discussion, c’est un type très intéressant et qui m’a fait part de sa pensée à propos de l’autostop. Il a comparé l’autostoppeur avec les voyageurs de l’ancien temps qui, pour passer un plus agréable voyage (mais aussi par soucis de sécurité) voyageaient à plusieurs en caravane. J’ai aimé cette comparaison même si pour l’autostoppeur c’est évidemment à échelle plus réduite mais il est vrai que j’aime l’idée de voyager à plusieurs.

J’accompagne mon nouvel ami italien qui s’arrête à une station pour manger, nous discutons puis nous repartons. Et il me laisse à l’entrée de Strasbourg, en faisant l’inévitable petit détour. Merci encore une fois à la gentillesse des gens.

Mon pote italien !

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Le temps d’envoyer mes emails pour le logement, je peux me consacrer à la visite de Strasbourg en attendant des éventuelles réponses.

Strasbourg est réellement une bien belle ville, le centre est tout simplement magnifique, très typique de l’architecture alsacienne.

La fameuse Place Kléber

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Maisons à pans de bois face à la Cathédrale

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Balades en bateau sur le Rhin

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Après cette petite visite, un appel sur le téléphone qui tombe toujours bien, je logerais chez Leila ce soir ! Leila, quelqu’un de géniale encore une fois. Comme ses prédécesseurs, elle m’offre le logis mais aussi le repas...

Après une bonne discussion, nous regardons « Vol au dessus d’un nid de coucou », c’est une soirée film qui est très bienvenue pour ma part, et j’ai mieux résisté que lors de la projection de Woodstock à Genève. En tout cas, ce fut un très bon moment passé en compagnie de Leila.

Jeudi 2 Novembre

Leila me mène jusqu’à la Place Kléber, où nous nous étions donné rendez-vous la veille et c’est ici que nous nous quittons en réalisant tout de même une petite photo !

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Allez, j’ai bientôt fini la boucle et la prochaine étape est Reims, ce sera la plus longue du tour puisqu’il me faudra parcourir 350 kilomètres.

Je me dirige donc à la sortie de Strasbourg, une voiture s’arrête et me mène à la prochaine station-service, même technique, même réussite, une jeune femme m’emmène jusque vers Sarrebourg. Elle me laisse à une station service et là, à la première personne que je demande, çà marche ! J’entre alors dans un magnifique 4*4 Mercedes et je discute avec un type très cultivé, on parle de tout et de rien et on avance bien sur 150km sans voir passer le temps...jusqu’à Metz...où il me laisse bien entendu sur une aire de station-service.

Mais là, je ne sais pas pourquoi, çà ne marche pas aussi bien cette fois ci. Du coup, je décide d’aller tenter ma chance à la sortie de l’aire car cette station service officie dans les deux sens. A peine suis-je arrivé au lieu de l’entrée de l’autoroute vers Reims qu’un type me klaxonne et c’est ainsi que je quitte cette aire de repos pour Verdun. Je suis tombé donc sur Kamel, un grand clown qui s’arrête à Verdun sur chaque jolie fille qu’il voit. Il ira même jusqu’à descendre de voiture, laissant les clefs sur le contact et moi dedans, et partir en courant pour aller accoster une demoiselle...en vain celle-ci disparut dans un magasin. Ah ce Kamel !

Puis je me poste à la sortie de Verdun, je reprends l’autostop pour Reims et je vois une Mercedes qui fait demi tour. Un certain Daniel me propose de m’avancer jusqu’à 30km de Reims, bien sûr que j’accepte !

Je discute avec cet ancien commercial qui profite et qui a bien raison de la vie. Nous nous laissons nos coordonnées et je traverse le petit village où il m’a laissé pour être pris en stop par un miroitier me laissera juste devant la porte d’où je dormirais ce soir. Ce dernier habite effectivement la rue d’à côté !

Ce soir, je suis chez de la famille : mon parrain, mon oncle Raymond et ma tante Nelly chez qui je serais comment dire... chouchoutéJ.

Mon parrain Joachim et moi

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Vendredi 3 Novembre

Après avoir passé une soirée à discuter avec la famille, me voici prêt pour la dernière étape de mon tour de France en autostop : Reims-Paris.

Raymond me dépose donc à la sortie de Reims et sur l’entrée de l’autoroute menant à la capitale. Je marche encore quelques instants à travers champs (un chemin semblait avoir été balisé exprès pour moi) pour accéder à la prochaine aire d’autoroute.

Les magnifiques champs de Champagne-Ardenne

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Sur cette aire d’autoroute, j’y fais ma pause déjeuner et quand j’ai fini je réutilise ma fidèle technique de la station service. Et pour finir en beauté, la première voiture dit oui. Je suis donc embarqué dans une camionnette avec un chauffeur qui me fera le monologue jusqu’à une aire de repos proche de Meaux.

Chose étonnante, à la sortie de la camionnette, je vais vers la 1ère personne se présentant devant moi. Cette personne est derrière sa voiture, je lui demande donc où elle va et pour lui expliquer avec la carte, je fais le tour de la voiture et... je m’aperçois que cette personne n’a pas de bras !

Je verrai d’ailleurs cette personne repartir en conduisant apparemment sans difficulté au moment où je trouverais mon dernier conducteur, un collectionneur d’affiches qui me laissera à la station de métro « Château de Vincennes ».

Je passerai 2 jours chez mon ami Raphaël à Paris ainsi que 2 jours chez mes parents à Rouen avant de revenir chez moi à Caen.

Ce petit tour dans nos contrées nationales m’a permis de mettre en pratique le fait d’aller dormir chez les gens et d’utiliser le concept de l’hospitalityclub. C’est réellement un merveilleux concept dans l’idée de faciliter les échanges, de mettre en relation les personnes qui ont de plus en plus tendance à s’éviter aujourd’hui. Ce concept est d’ailleurs international et va réellement m’aider lors de mon départ pour un tour du monde prochainement, cela me permettra de découvrir plus profondément les cultures et mœurs de chacun directement à la base, c'est-à-dire dans leur foyer.

L’autostop marche toujours aussi bien, même en France, mais cela ne m’étonne pas, il y a des gens biens partout. J’ai en tout réalisé 2750 kilomètres en austostop en 12 étapes et suis monté dans 47 véhicules de la camionnette en état de survie à la grosse mercedes.

Niveau dépenses, il m’est revenu très peu cher, vous vous en doutez. Je ne payais ni le transport, ni le logement, ni le repas du soir et du matin, mes seules dépenses étaient celles du repas du midi et quelques sorties le soir. J’ai dépense entre 5 et 10 euros par jour en moyenne, avec un total avoisinant 100 euros pour 15 jours de voyages, peut-être même moins que ce que j’aurais dépensé seul chez moi. Et je suis même persuadé que je peux dépenser moins.

J’ai notamment constaté une inquiétude latente par rapport à la situation actuelle, mais le français n’est-il pas de nature à s’inquiéter pour n’importe quel fait ? Cependant, sur la centaine de personnes que j’ai rencontré sur ce tour, j’ai remarqué que beaucoup de personnes se posent des questions, émettent certaines critiques pas toutes infondées. Finalement, oui c’est cela, les français s’interrogent.

En tout cas, pour en revenir au voyage, je confirme que la France est réellement un très joli pays, de par ses paysages naturels que par ses villes, toutes ayant un caractère propre. Ce tour est une très bonne expérience pour moi et je me sens maintenant prêt pour engager le tour sur la grande boucle !

Jérémy



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