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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Etats-Unis (Partie 4: La côte Est)

La côte Est des Etats-Unis... Le centre business du pays...

Après la côte Ouest et son rythme plutôt baba cool, je me suis donc retrouvé dans un tourbillon émotionnel lors de mon arrivée sur la côte Atlantique du pays.

Boston, New York City, Philadelphie, Washinton DC... Ici, tout va plus vite. De grandes décisions influant très souvent sur le reste du monde sont prises dans cette région du monde.

Cette immense mégalopole d'environ 70 millions d'habitants s'étendant de Boston à Washington DC n'est pas dénué d'intérêt. C'est une région où il est intéressant d'étudier cette face du géant Nord-Américain tournée vers un capitalisme de masse. Financiers, commerciaux, industriels de la publicité... Ici se trouve votre paradis.

Les bases de la société américaine ont tout d'abord été posé dans la Déclaration d'Indépendance. Le concept américain de liberté est né ici. “Liberté” semble être une valeur âprement défendue... Nous y reviendrons dans cet article.

La côte Est m'a semblé plutôt différente du reste des Etats-Unis. Nous sommes situés en zone majoritairement urbaine, donc les codes et mentalités sont évidemment différentes du Midwest. Voyons donc comment.


 

Du Capitalisme à l'Individualisme

Tout commence dans un stade de hockey à Portland dans le Maine. C'est la mi-temps. Un homme marche sur une balustrade agrippée au toît de l'arena. Il porte un sac plein.

Cinq personnes sont sur la patinoire. Ils attendent quelque chose. Ils ont tous des sacs vides.

Le but du jeu est de gagner 10000 dollars. L'homme du toît vide son sac sur la patinoire et 10000 billets de 1 dollar tombent sur la patinoire.


Celui qui en ramasse le plus sur la patinoire gagne le contenu de son sac.

Ce moment a été pour moi une parfaite métaphore de l'importance du petit billet vert aux Etats-Unis. L'argent gouverne ici, comme ailleurs, mais il a aussi été presque promu au niveau de déification.

Alors, en sommes-nous arrivés ici? Avons-nous atteint un but de vie défini par l'accumulation des biens?

Il paraissait que sur cette patinoire, l'attention était aussi tournée vers l'attribution d'une nouvelle voiture. Cela semblait encore mieux que celle-ci soit énorme.

La voiture tant desirée, elle est sur la patinoire, à vous de la remporter!


Posséder plus d'argent que le voisin, cela paraît être dans cette Megalopole une définition de “différence”. Oui, vous serez jugé en fonction de si vous avez plus ou de si vous avez moins... Autant dire que pour un autostoppeur avec ses deux pauvres sacs...!

 

La publicité

La publicité est littéralement un art aux Etats-Unis. Que vous soyez sceptique quant a son utilité ou aux sommes depensées chaque année pour promouvoir certains biens, cela ne change pas grand chose... Ici, la publicité est roi.

Comme le capitalisme amène a la consommation (ou vice-versa), il est donc important d'orienter les désirs de “nos très chers gentils acheteurs.“

Ici, pas de limite, on n'hésite pas à introduire 15 coupures de pub dans chaque film (j'ai compté jusqu'à 17) et à même enlever certaines parties du film pour pouvoir le faire!

Le “naming”, vous connaissez?

C'est un concept qui est arrivé récemment en Europe. Le but est de nommer ou d'associer un nom de corporation (ou n'importe quel type de societé) a des édifices, des compétitions ou autres événements.

En France, vous connaissez peut-être la “Ligue 1 Orange”. Ici, on va même plus loin, en donnant parfois le nom du site internet directement!

A Manchester, dans le New Hampshire... Bienvenue au “merchantsauto.com “stadium!!!

 

Grandissimoooo!

Alors posséder plus, faire mieux, faire surtout plus grand, plus gros, c'est comme une source de motivation aux Etats-Unis. J'avais déjà découvert cela au Texas avec leur devise “The biggest, the greatest(“le plus grand, le meilleur”).

Dans la Mégalopole de la côte Est qui est donc synonyme de zone urbaine, nous arrivons donc dans le domaine de la construction, alors attention vos yeux!

Louis-Ferdinand Céline nous décrivait en 1932 dans “Voyage au bout de la nuit” sa première vision de New York :”Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout.

New York, effectivement, est aujourd'hui au-delà de l'imaginable. C'est un hymne à la grandeur, à la démesure. Un symbole du désir des hommes à toujours faire plus, comme le furent Constantinople ou Rome en leurs temps.

Panorama de Manhattan, le coeur de New York City

Dans un décor pareil, vous pouvez imaginer que tout n'est pas en miniature à l'interieur. Déambuler dans les rues de la “Big Apple”, c'est se retrouver face au “plus grand” ceci ou au “plus gros” cela. En exemple, le plus gros magasin du monde, ou comment allier super-édifice et super-consommation.

Macys, the “world's largest store” (le plus gros magasin du monde) sur Broadway à New York City


Malheureusement, les Etats-Unis ne détiennent pas le record de la plus grosse tour, même si l'Empire State Building a fière allure, du haut de ses 443,5 mètres (avec antenne).

Le record a d'ailleurs été battu très récemment avec le Burj Dubai à... Dubai... 828 mètres de haut, réalisez-vous?

Cliquez ici pour Video Burj Dubai

Et les routes?

Doutez-vous qu'autour et dans ce type de zone urbaine géante, il y a une population importante. Maintenant, regardez ces statistiques incroyables delivrés par le US Bureau of Transit Statistics: “En 2003, il y avait près de 196 millions de conducteurs enregistrés. La même année, il y avait également 231 millions de véhicules en circulation... Ce qui veut dire que nous avons plus d'un véhicule par conducteur.

Nous sommes plutôt loin de la Tanzanie où 10 personnes pouvaient s'entasser dans une seule voiture!

De ce fait, les routes doivent s'adapter à cet impressionnant marché automobile. Une photo vous laissera sans doute songeur.

Dans le New Jersey, je compte sur cette photo 4 lignes de véhicules sur la route la plus a gauche. La même route dans le sens inverse totalise 7 lignes. Ajoutez à cela les 4 lignes de chaque côté de la route de droite, collée à la route de gauche. Faites le total: 4+7+4+4= 19 lignes de véhicules pour deux routes sur le même axe!

L'autostop sur la côte Est

Imaginez-vous maintenant faire du stop sur ce type de route... Nan, je rigole, c'est le tarif habituel aux Etats-Unis ici!

“Route interdite aux autostoppeurs”


Petit détail d'ailleurs sur ce panneau. Vous pouvez lire exactement “Prohibited on the Highway: pedestrians, hitchhikers, bicycles, motorscooters, animal-ridden driven or led, farm equipment over 96inch wide” ce qui veut dire en français :”Interdits sur cette autoroute: piétons, autostoppeurs, vélos, motoneiges, animaux conduits ou menés, équipements de ferme plus grands que 96 pouces”.

Je pense qu'un code civil accroché au panneau n'aurait pas été de trop, surtout pour mettre dans la même phrase “autostoppeurs” et “animaux”.

Voila, c'est un peu le sentiment que j'ai pu partager dans le regard des conducteurs qui sont souvent passés devant moi sans s'arrêter lors de mes sessions d'autostop. Je suspecte aussi qu'ils leurs arrivaient fréquemment de m'envoyer la police pour vérifier la legalité de mes actes.

Un autre chiffre illustrant ce fait: depuis Juillet et mon entrée aux Etats-Unis par le Texas, je me suis fait arrêter 29 fois par la police, 28 fois aux Etats-Unis et 1 seule fois au Canada!

Néanmoins, des personnes extraordinaires se sont arretées. Bravant la propagande des médias, je respecte encore plus leur courage.

Prenons l'exemple de Kyle. Voici sa photo.

Kyle a appris que je me trouvais dans la ville de Newark dans le Delaware et que je me rendais le lendemain à Washington DC a 200 kilomètres. D'une manière ou d'une autre, il a su quel chemin j'allais prendre pour me rendre à l'endroit ou j'allais commencer à faire de l'autostop.

Kyle, qui appréciait mon projet, a posé sa journée et il s'est mis à me chercher dans Newark. Il m'a trouvé après une demi-heure d'investigation et m'a offert un lift directement jusqu'à DC, où il n'avait aucune autre raison de se rendre.

 

Un pays de contrastes

Heureusement et malheureusement, il existe de nombreux contrastes aux Etats-Unis et aussi sur la côte Est.

Heureusement, pour le sacre de la diversité. En effet, quel ennui si nous nous retrouvions dans une societé complètement homogène où tout le monde serait pareil!

Malheureusement, parce que ces fameux contrastes profitent souvent à une minorité de personnes et d'une certaine façon... Cela se répercute sur d'autres.

Parlons de l'éducation par exemple.

J'ai eu l'occasion de visiter la prestigieuse Université de Harvard près de Boston dans le Massachusets.

La bibliothèque Widener de l'Université de Harvard


Le système d'éducation américain est extrêmement onéreux comme vous le savez peut-être déjà. Accéder et obtenir un diplôme dans ce type d'université prestigieuse est un gage d'intégrer une très bonne place à l'entrée dans le monde du travail.

Mais même si vous réussissez à y être accepté, vous devrez pouvoir payer la tuition annuelle.

Pour vous donner une idée, selon le site internet de la faculté des Arts et Sciences de Harvard, la tuition annuelle est en 2010 de 48868$, comprenant tous les frais. (Lien de l'information)

Vous ne pouvez obtenir un diplôme qu'en ayant etudié au minimum 4 ans. Donc oui, pour être diplomé de Harvard, c'est presque 200 000 dollars américains qu'il faut débourser... comparé au plafond de 12500 euros annuels de Sciences-Po (Lien de l'information)

Evidemment, tout le monde ne peut pas s'accorder de telles dépenses. J'ai eu l'occasion de rencontrer une classe d'un programme de Harlem a New York City, qui n'a bien sur pas les moyens de se payer Yale, Berkeley ou Stanford.

Cette rencontre sera bientôt l'objet d'une interview dans la partie “Nouveaux Leaders” de ce site internet.

 

Les croyances américaines

Le Concept de liberté

La liberté est un symbole très important aux Etats-Unis. Le concept de liberté est d'ailleurs un des principaux tenant de la “Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis” signée le 4 Juillet 1776, notamment dans ce passage :”Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur “.

Il est aujourd'hui possible de voir de nombreux signes nous rappelant ce droit:

-Sur les plaques du New Hampshire :”Live Free or die” (“Vis libre ou meurs”)


-Sur le “Freedom Trail”, ce “chemin de la liberté”, qui est une ligne rouge parcourant les lieux historiques de Boston.

La fameuse ligne rouge


-La liberty Bell (la cloche de la liberté) à Philadelphie, qui aurait retentie juste après la signature de la Déclaration d'Indépendance.


 

Croyance en la patrie ou patriotisme

L'Etat est important pour le citoyen américain. Il est célebré autant que possible, pour se remémorer les raisons de cette fondation.

Le devoir de mémoire s'étend à chaque événements sportifs, où l'hymne national le “Star-Spangled Banner” est repris.

L'hymne américain chanté par une chorale avant ce fameux match de hockey sur glace dans le Maine, où nous revenons donc.


Il est également possible de retrouver la “bannière etoiléeà chaque coin de rue aux Etats-Unis, et donc aussi sur la côte Est., comme ici à Manhattan.

Quelques drapeaux des Etats-Unis a Manhattan


Selon certains, Dieu bénit l'Amérique. L'hymne patriotique “God Bless America” est peut-être même plus entendu que le”Star-Spangled Banner”.

Nombre de fois ai-je pu remarquer l'expression “God Bless America” sur des magasins, dans la rue ou même sur des autocollants de voiture.

“God Bless America, Power of Pride” (“Dieu bénit l'Amerique, Pouvoir de la fierté”)


Un oeil sur la côte Est

Naturellement

Avant de vous laisser, je tenais également à partager avec vous quelques lieux intéressants par lesquels j'ai pu passer lors de mon voyage à travers la Côte Est des Etats-Unis.

Bien sur, j'ai essayé de ne pas manquer mon passage par les chutes du Niagara, à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada.

Les chutes du Niagara en hiver, avec sa rivière gelée.


L'hiver qui m'a permis de battre mon record de froid dans l'Etat de New York avec -22 degrés Celsius. Ici nous pouvons voir une forte chute de neige à Burlington dans le Vermont.


Les couchers de soleil près de Canton dans l'Etat de New York furent tout aussi majestueux.

 

Culturellement

Voici un petit melting-pot de certains faits qui reviennent assez souvent sur la Côte Est.

Comment pouvais-je manquer les fameux taxis jaunes new yorkais?


Vous connaissez peut-être le type de restaurant nord-est américain appelé “Diner”

Me voici avec le staff d'un diner dans le village de Waterloo dans l'Etat de New York.



 

Voilà, je vous laisse pour aujourd'hui, car ma visite de la côte Est se termine. Je suis aujourd'hui à Washington DC, où je suis tombé hier sur l'”Institut Américain de la Paix”... Oui, je sais , il est encore en construction, mais que voulez-vous, le bâtiment voisin est celui de la Navy!


A très bientôt,

Jérémy



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