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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Escale à La Havane

Des Etats-Unis, je me suis rendu dans ce pays qui est sans doute considéré comme son plus “Fidel” ennemi: Cuba.

A partir de Key West, j'ai réussi à traverser en bateau-stop les 150 kilomètres d'eau séparant les deux nations. Mon but étant d'atteindre l'Amérique du Sud mais aussi de découvrir le monde, je n'ai donc pas hésité à accepter cette escale qui m'était proposée à La Havane.

Je ne suis resté que deux semaines dans le pays et principalement sa capitale. Néanmoins, j'ai eu la chance d'y observer un système de vie unique. Jamais pendant ce voyage, je n'avais vu quelque chose de similaire.

Cuba est unique et son histoire l'est aussi. Le combat mené pour un idéal de liberté a permis de construire une société qui fût considérée comme un système de vie alternatif au mode de vie occidental capitaliste.

J'ai pu découvrir La Havane à la fin du régime de Fidel Castro. Après les Etats-Unis, le choc culturel fût donc énorme mais très rafraichissant.

Bienvenue à Cuba, l'un des derniers régimes communistes au monde.

 

L'idéalisme socialiste

Considéré comme une république socialiste par le gouvernement cubain, comme dictature communiste par d'autres, le régime politique cubain est au moins l'objet de controverses.

Depuis 1959 et la prise au pouvoir de Fidel Castro, nous pouvons aisément dire que Cuba est aujourd'hui une nation révolutionnaire.
Todo por la Revolution!

Dans les rues de la Havane, j'ai pu observer quelques murales à la gloire des 50 ans de la Révolution, fêtés l'année dernière.


L'idée, en quelques mots, était d'unifier le peuple sous des valeurs d'égalités et de vie sociale. Une vie fraternitaire en communauté d'une certaine façon.

Le régime fût allié pendant de longues années au système communiste de l'URSS, qui lui, supportait largement le fonctionnement politique cubain.

L'ambassade russe de La Havane et son architecture communiste soviétique très typique


 

Ce qu'offre le système

Aujourd'hui, il y a encore des points positifs dans ce système. Il est évidemment très facile de critiquer mais n'oublions pas que nous ne pouvons pas comparer Cuba à l'Angleterre ou l'Allemagne. Cuba est plus proche d'un pays du Tiers Monde que d'un pays développé. Son système politique devait donc faire avec sa situation pré-révolutionnaire.

-L'éducation

Ainsi, le régime de Fidel Castro offre une éducation pour tous, obligatoire et gratuite. Je pense que cela est une parfaite réussite, lorsque l'on voit les récents chiffres du PNUD ( Programme des Nations unies pour le développement) qui estiment le taux d'alphabétisation cubain à 99,8%.

-Le système de soins

Il existe un système de soins gratuit pour la population. Les médecins cubains ont une réputation internationale et la population peut en profiter si besoin.

J'ai néanmoins entendu dire que la majorité des hôpitaux étaient délabrés et en manque de médicaments. Je n'ai cependant pas vérifié ce fait moi-même. D'un autre côté, j'ai pu me rendre dans certains quartiers non-renovés de La Havane et je peux imaginer que d'autres bâtiments puissent être similaires.

Certains quartiers décrépis de La Havane


-Le taux de chômage

Bien que la population soit majoritairement pauvre, il n'existe quasiment pas de taux de chômage à Cuba. La majorité des emplois sont nationalisés mais au moins ils ont le mérite d'exister. D'un autre côté, le procédé de calcul du chômage peut paraître douteux... A suivre donc...

-La sécurité

Cuba est grandement militarisé. Cela est très controversable mais il y a un point positif dans tout cela. En effet, le taux de criminalité à Cuba est très bas pour un pays d'Amérique latine. Il est en effet très risqué pour un bandit de s'impliquer dans ce genre d'activité sous peine de forte réprimande. De même, les armes sont complètement interdites pour le citoyen cubain... Que nous sommes déjà loin des Etats-Unis!

-L'autostop

Déjà loin des Etats-Unis? Le meilleur exemple est sans doute l'autostop. Je n'ai pas eu l'occasion de le tester moi-même, étant resté à La Havane, mais je me suis tout de même renseigné sur le sujet. Il est en effet interdit de refuser de prendre un autostoppeur si vous avez de la place dans votre véhicule (qui doit être un véhicule gouvernemental à cette occasion)! Le monde à l'envers!

De ce fait, une foule d'autostoppeurs occupent les routes. Il existe même des personnes organisant les queues de voyageurs en établissant une liste sur papier et s'occupant d'arrêter pour vous les véhicules. Par contre, il est possible qu'on vous demande de payer une petite somme similaire à celle de l'autobus, mais la plupart du temps, l'autostop à Cuba semble être gratuit.

-Le sport

Enfin, le sport est très important à Cuba. Le base-ball est l'activité majeure et est très facile à suivre. En effet, il est même souvent possible d'aller au stade gratuitement.


-Les limites du système

Evidemment, le système n'est pas parfait. Sinon, je pense que le reste de la planète se serait adapté a ce modèle. J'ai pu me rendre compte de certains faits qui ne sont peut-être pas enviables.

-La queue

J'ai eu l'impression que toute la population cubaine est en constante attente de quelque chose. Il est possible de voir les cubains faire la queue pour tout et tout le temps. Le point positif est que les cubains sont en général très respectueux par rapport à celle-ci.

La queue cubaine dans une rue de La Havane


Souvent, la queue est une conséquence du système de rationnement socialiste cubain.Chaque jour le cubain peut aller chercher dans des magasins spéciaux sa ration de riz, de café, etc...

-La pauvreté

Le revenu moyen du cubain est de 15 dollars mensuel. Vous imaginez bien que cela est relativement peu. Même si cette somme est en général assez pour couvrir les besoins de premières nécessités gràce au système de rationnement, cela n'est pas assez pour consommer d'autres biens. Il est ainsi possible d'éviter la famine mais il n'y a par contre aucune accumulation de biens... Tout le contraire d'un système capitaliste donc.

-Un refermement sur soi-même Il y a une assez grosse limite de libertés individuelles à Cuba. La liberté de presse est bafouée car les médias sont complètement contrôlés par le parti communiste cubain. Internet n'est quasiment pas accessible. Après une petite enquète, je me suis rendu compte que la connexion internet la moins chère était équivalente à 6 dollars par heure... Un salaire mensuel vous permettrait d'utiliser internet 2 heures et demies... Si vous consideriez ne pas manger pendant un mois...

J'ai rencontré quelques cubains sur le front de mer de La Havane qui m'ont dit qu'ils possédaient par contre un accès personnel à internet, mais qu'ils ne pouvaient utiliser que leurs boîtes emails et wikipedia. Ils étaient étudiants.

Je me promenais souvent sur le front de mer pour rencontrer les cubains de La Havane


Nous pouvons également dire qu'il y a une ouverture à l'international limitée pour le cubain. Il lui est interdit de quitter le pays pendant plus de quelques mois consécutifs sans risquer de perdre sa nationalité cubaine. Je me suis mis un instant à sa place, me rappelant que j'étais déja en route depuis 30 mois...

 

L'isolement du cubain pour sa protection

L'oeil de l'étranger sur Cuba

-Rhum, cadillac et chachacha

En tant qu'étranger et souvent comme touriste, ce que vous verrez de Cuba reflètera ce que vous pouvez voir sur les cartes postales: les vieilles voitures américaines, le rhum Havana et le groupe musical Buena Vista Social Club.

Je dois dire que cet ensemble donne un gout exotique non négligeable à Cuba, qui est la plus grande île des Caraibes avec ses 1200 kilomètres de long.

Une bonne vieille voiture américaine


 

-Une double économie

Il y a une double économie à Cuba. Une est reservée pour les étrangers et l'autre pour les cubains. Il y a une énorme différence entre les deux.

En effet, le premier se nomme le “Peso Convertible” ou le “CUC”. Lorsque j'étais à La Havane, 1 CUC équivalait plus ou moins à 1 Dollar Américain. Le coût de la vie était assez élevé pour les biens demandés par les touristes.

Je reviendrai sur la seconde monnaie un peu plus tard.
 

-Les hôtels ou guest houses

Les touristes sont invités à rester dans des lieux d'habitations agréés par le gouvernement. Ceux-ci sont sélectionnés pour donner une meilleure image du pays et pour vous vendre une chambre au meilleur prix.

L'Hôtel National est l'hôtel avec la meilleure réputation de La Havane. Il est édifié dans un bâtiment historique.

L'intérieur de l'Hôtel National


De même, vous pourrez être transporté par les merveilleux bus climatisés “Habana Tour”, pour la modique somme de 5 CUC...comme à la maison...

Les bus climatisés Habana Tour


Ou au pire en “Coco Taxi”!


-La difficulté du contact avec le local

-Je n'irai pas dormir chez vous
Il est malheureusement strictement interdit d'aller dormir chez l'habitant à Cuba. J'ai réussi à déjouer la règle à deux reprises mais beaucoup de cubains se méfient, sachant qu'il y a une assez grande surveillance sur ce point de vue. Il est ainsi difficile d'avoir un contact avancé avec les locaux.

-L'autre partie de l'économie

Je parlais plus haut de l'économie réservée pour les touristes.

Le second a pour appelation le “Peso National”. Un Dollar Americain valait 24 Pesos National. Il est utilisé par les cubains et s'adapte à leurs revenus peu élevés. En tant qu'étranger, le coût des biens vendus en Peso National peuvent avoir l'air extrêmement bon marché.

Par exemple, un trajet en bus (communément appelé “wawa” à Cuba) vaut 40 centimes de Peso National, ce qui reviendrait à 0,016 dollars.

Un modèle de bus a Cuba... Celui-ci probablement importé de Chine


Les biens consommés sont souvent relatifs à leurs coûts. Si vous choisissez d'acheter un sandwich dans la rue, vous aurez le pain et la saucisse, mais vous pouvez oublier la salade ou autres types de garnitures.

Le hot-dog et le hamburger cubains


Il est cependant difficile d'accéder à cette économie car il n'y a pas de change officiel pour se procurer du Peso National en tant qu'étranger. En conséquence, il est encore une fois difficile de rentrer en contact avec les locaux si nous ne fréquentons pas les mêmes endroits.

-Un mélange pas tout à fait sain

De 1920 à 1959 (sous le régime de Batista), Cuba et particulièrement La Havane était le lieu de vacances de prédilection des américains. De ce fait, il était possible d'y trouver bars, cabarets et lieux de décadences. Bien que cela amène de l'argent au pays, voici le genre d'influence que la fréquentation des étrangers pouvaient donner à cette époque. D'un certain côté, La Havane était le Cancun d'aujourd'hui.

Un problème apparent est que le touriste ne se rend peut-être pas compte de son pouvoir d'achat prohéminent par rapport au cubain. Agiter ses billets à tout va est peut-être en train de modifier la société cubaine de l'intérieur, en la tentant inévitablement vers un desir de consommation pas tout le temps forcément nécessaire.

Le cubain et la cubaine réagissent en moneyant leurs services aux touristes, de la simple aide ménagère à la prostitution.
 
 

-Le ras-le-bol de certains cubains

Certains cubains n'adhèraient et n'adhère pas au système communiste cubain. A un certain point, une partie de la population pris le choix de quitter le pays et de renoncer a sa nationalité cubaine. Plusieurs vagues d'émigrations eurent lieu au cours des cinq dernières décades.

-Tout commença quand...
Le régime communiste cubain n'est pas un modèle de prosperité mais il fut mis en difficulté par le passé. En 1962, Fidel Castro décide de nationaliser toutes les entreprises implantées sur le territoire cubain. Les Etats-Unis n'apprécient pas trop le geste et lancent un embargo... Celui-ci y est toujours en 2010, presque 50 ans après. En coupant toutes transactions commerciales avec Cuba, celui-ci éprouve d'énormes difficultés à garder la tête hors de l'eau.

-Les dissidents ou les cubains de Miami

Les relations sont en effet toujours tres difficiles entre les Etats-Unis et Cuba. Néanmoins, il semble que celles-ci soient plus ou moins dictées par les cubains installés à Miami. Ceux-ci ont quitté tous leurs biens pour redémarrer une nouvelle vie avec un système qui leur convient mieux. Ils ont gardé aussi une certaine rancoeur à l'encontre du régime de Fidel et ils font tout pour lui faire savoir.

-L'émigration, ou un espoir au bout du golfe

La loi américaine encourage la venue des cubains en ses terres. Si vous venez de Cuba et que vous réussissez à mettre un pied sur le territoire américain, vous enclenchez le processus de nationalisation américaine. De ce fait, beaucoup de cubains frustrés par le régime tentent leurs chances, et souvent de manière incroyable.

A Fort Jefferson aux Etats-Unis, on exhibait une embarcation utilisée par des cubains quelques mois auparavant. Ils avaient réussi à traverser une centaine de kilomètres à travers le Golfe du Mexique avec cette barque. Ils étaient 17 à bord.

-Une fierté du pays ou son acerbe critique?

Oui il y a une frustration, notamment de la jeunesse. Oui, il y a une forte critique, principalement des dissidents de Miami. Mais le cubain de Cuba aime malgré tout son pays. Fruit de la propagande ou de l'éducation réelle, il sait apprécier le combat inespéré que son gouvernement a mené pour aller au bout de son idéologie de base.

Que l'on apprécie ou pas, la critique est facile mais l'action reste difficile. Ici, à Cuba, on a agit.

 

La ville de La Havane

Alors, à quoi ressemble La Havane en fin de compte?

Plus grande ville des Caraibes avec ses 3,7 millions d'habitants (agglomération comprise), La Havane a su garder son architecture hispanique.

Le grand théâtre de La Havane et le Capitole


En effet, La Havane est le fruit de l'invasion des conquistadors espagnols. En 1515, Diego Velázquez de Cuéllar fonda la ville. En fait, comme à chaque fois, Cuba fût tout de même nettoyé de ses tribus d'indiens: les Siboney et Taitos. Un petit génocide pour la forme dira t'on.

Le panorama de La Havane


Alors oui, la ville a été conservé. Mais évidemment, avec 500 ans d'existence, certains bâtiments tombent dans la décrépitude la plus complète. J'ai pu voir certains bâtiments qui seraient considérés en France comme... “bancales”.

Des planches et des clous pour faire tenir tout ça


Le centre est plutôt sombre dans son ensemble mais son attrait vient peut-être de sa population qui semble lui redonner des couleurs.

Le centre est plutôt sombre



Dans tous les cas, Cuba a fait, fait et fera parler de lui. Ceci fait de ce pays une zone géopolitique très intéressante. De même, sa culture est tellement riche que plus de temps lui doit d'être consacré.

Je n'ai passé que deux semaines à La Havane, donc je n'ai pu vous donner qu'une petite introduction de cet endroit fascinant.

Toutefois, je vous encourage vivement à aller y jeter un oeil, car cette destination fût pour moi une expérience totalement unique et ce, depuis le début de mon tour du monde.

Pour ma part, je continue toujours ma traversée de l'Amérique du Nord vers l'Amerique du Sud. Je suis aujourd'hui au Honduras, en direction de Panama, après plusieurs palpitantes aventures de bateau-stop que je développerai très bientôt.

Je vous laisse pour aujourd'hui, en disant un au-revoir à Fidel, qui apparemment va toujours bien!


A bientôt,

Jérémy

 



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