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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : De l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud (1ère partie)

Un peu plus de deux semaines...

Cette courte periode de temps représentait l'arrivée de la fin de mon visa américain. Autrement dit, j'avais moins de 15 jours pour trouver une embarcation et quitter le pays... Connaissant déjà un peu le bateau-stop, je considérais cette situation comme «plutôt périlleuse».

Mon but à ce moment était d'atteindre l'Amérique du Sud depuis l'Amérique du Nord, toujours en autostop.

Cette traversée, j'ai pu la réaliser en deux étapes majeures. Tout d'abord de Miami à Panama City, puis le fameux contournement du Darien. Ce fût compliqué et difficile, mais une expérience riche, intense et intéressante.

Suivez-moi pour cette description de ce passage d'un continent à un autre.


1-De Miami à Key West

Comme je vous le disais, il me reste à ce moment autour de 2 semaines de visa aux Etats-Unis. Après ce délai, il me faudra éviter la police, car ceux-ci me renverrait illico-presto à bord du prochain vol pour Roissy Charles De Gaulle, sans doute suivi d'une confiscation de mon passeport par les autorités françaises.. Je dois donc éviter à tout prix de me retrouver dans cette situation si je ne veux pas dire un adieu à mon tour du monde.

Je débute mes recherches de bateaux à Miami, en Floride.

Miami et ses nombreux palmiers


Comme la dernière fois en Afrique du Sud, je me rends dans les marinas de la ville. Le seul hic est que la région de Miami en compte peut-être une centaine... Il me faut donc enquêter sur place pour savoir où mes chances sont les meilleures.

La marina de Miami Beach


Mon but à ce moment est bien sur d'atteindre l'Amérique du Sud, mais surtout de sortir du pays. Je suis donc très ouvert sur la destination. En effet, je recherche un bateau qui peux partir vers l'Amérique du Sud, mais aussi l'Amérique centrale ou n'importe où dans les Caraibes.

Pour cela, j'utilise la même technique de recherche, en postant une annonce dans toutes les marinas que je peux trouver.

L'annonce de ma recherche, postée dans les marinas de Miami


Bien entendu, il est toujours meilleur de rencontrer directement les capitaines de bateaux, ne serait-ce que pour créer un contact avec le milieu marin local.

Mes deux semaines s'écoulent à vitesse grand V... Et je ne trouve toujours rien. Entre temps, je lance des requètes aupres des compagnies aériennes, des paquebôts de croisières et des cargos de marchandises... En fin de compte, je n''obtiendrai que très peu de réponses parmis mes centaines d'emails envoyés et elles seront toutes négatives.

Plus que 6 jours...

Je décide de quitter Miami. Un groupe de réalisateurs américains pour la télévision me propose de m'accompagner jusqu'à Key West pour faire un reportage sur mon voyage. Je n'ai pas beaucoup d'options et je me vois déjà de retour en France avec mon passeport confisqué... J'accepte..

La route de Miami vers Key West


Key West est l'île la plus à l'ouest des Keys en Floride. Les keys sont un enchainement de petites iles, qui sont quasiment toutes reliées par des ponts. Ce fût absolument impressionnant de rouler pendant plus de 200 kilomètres, passant d'un bout de terre à un autre.

Nous arrivons finalement à Key West, autrement appelé ''The Conch Republic''.

Key West obtint ce nom suite à son autroproclamation en tant que micronation en Avril 1982, pour protester face à certaines actions du gouvernement américain.

 


Nous sommes en pleine ''Springbreak'', ce qui représente les vacances de printemps pour les étudiants aux Etats-Unis. Traditionnellement, ceux-ci se dirigent vers le soleil pour faire la fête. Les rues sont combles et c'est la fête tous les soirs. J'en profite donc pour ''étayer mes connaissances culturelles'' en participant à cet événement.

La Springbreak à Key West, the ''French Touch''!


4 jours...

Faire la fête, cela détend, cela amuse, mais cela ne ramène pas beaucoup de bateaux, surtout en étant un pareil clown. Alors, comme à Miami, je pars chercher la perle rare dans les marinas de Key West.

Bien que cela soit extrêmement touristique en cette période, je réalise que les capitaines semblent plus utiliser leurs voiliers qu'à Miami, où il me semble que beaucoup des embarcations ne sont utilisées que pour la figuration.

En effet, dès mon premier jour de recherche, je tombe sur une annonce sur le tableau d'une des marinas.

Un capitaine recherche un équipier pour aller à Cuba. Je l'appelle, nous nous rencontrons 20 minutes après. Le capitaine se fait appeler ''Captain Mo'', il est âgé de 80 ans et a des histoires incroyables qui ont rempli sa vie d'une manière mouvementée mais non moins intéressante. Un accord est trouvé... J'irai donc à Cuba avec ce ''vieux pirate'' en tant que ''jeune moussaillon''!

Le ''Capitaine Mo'', avec une des ses incroyables prises


Nous devons préparer le bateau, car celui-ci est à sec... Je passe mes journées à peindre, nettoyer et préparer notre future embarcation: le ''Frisco Lady'', un bateau à moteur de 27 pieds.

Ma contribution avant d'embarquer:

Je peins


Je nettoie


1 jour...

Je suis encore à Key West, c'est mon dernier jour de visa donc je suis officiellement illégal demain. Il va falloir que je me cache de la police avant notre départ qui ne devrait pas tarder. En effet, nous mettons le bateau à l'eau aujourd'hui. Une grosse machine vient placer des cables élastiques sous la coque de notre bateau et se dirige vers le port. L'opération est assez impressionnante.

La mise à l'eau de ''Frisco Lady''


Puis, nous remplissons le bateau de vivres avant notre grand depart. Un caddie plein se révèle nécessaire pour la traversée... car nous ferons un détour par les Dry Tortugas, situées encore 200 kilomètres à l'ouest de Key West.

Un caddie plein est un gage de securité sur un bateau

 

2-De Key West à Cuba

Nous partons finalement. Si la police me veut, elle devra désormais envoyer les gardes-côtes! En effet, nous nous dirigeons vers Fort Jefferson, qui est toujours situé aux Etats-Unis, donc il me faudra rester discret.

A tour de role, je prends le gouvernail et conduit notre embarcation à travers les îles de Floride. Le paysage est magnifique, mais il faut faire attention aux coraux sous-marins. Nous serons d'ailleurs témoins d'un bateau qui échouera en face de nous, victime des bas-fonds difficilement repérables.

Un bateau échoua devant nous


L'équipage fût néanmoins secouru par les gardes-côtes

Nous sommes donc dans l'archipel des Dry Tortugas . Un fort y fut construit par les espagnols lors de l'époque de la ''Découverte du Nouveau Monde''. Celui-ci s'appelle aujourd'hui ''Fort Jefferson''.

L'endroit est magnifique, l'eau est transparente et comme l'endroit est protégé par un parc national, la faune est toujours riche et diversifiée.

La vue depuis Fort Jefferson


Nous pouvons voir dans ces eaux quelques spécimens marins, tels que:

-cet objet flottant non-identifié, aussi grand qu'un bébé baleine

 


-la physalie, à ne pas confondre avec un sac plastique car très venimeux!

 


Puis finalement, nous réalisons la traversée jusqu'à Cuba, en une quinzaine d'heures. J'y laisse le ''Capitaine Mo'' et je cherche un autre bateau dans l'une des seules marinas du pays: ''La Marina Hemingway''.

 

3-De Cuba au Guatemala

Sachant que je suis sur une île, bien qu'elle soit la plus grande des Caraibes, je dois continuer en bateau-stop. Comme il n'y a qu'une véritable marina dans le coin pour ce type de recherche, je vais voir directement tous les bateaux à quai.

Très rapidement, je trouve un bateau suédois qui m'accepte à son bord. Il va au Guatemala. En échange, je l'aide a réparer son bateau. J'y passe quotidiennement au moins 10 heures pendant une semaine.

Le petit problème est que ce capitaine a des problemes d'argent et ne peux pas quitter le port sans payer totalement sa facture. Il envisage de quitter l'île sans règler celle-ci... Moi, devant cette decision ahurissante et stupide (l'armée est partout à Cuba), je quitte son bateau... Non sans frais, ce suédois n'en a pas fini avec moi, il me fait payer la nourriture et une partie des frais de marinas correspondant au temps que j'ai passé sur le bateau!

Je ne veux pas créer de scandale car si l'accès à la marina m'est refusé, mes chances de quitter l'ile en bateau-stop disparaitront... Je lui fais toutefois part de mes pensées a son egard.

Evidemment, mon travail restera totalement impayé.

Néanmoins, cette histoire n'est pas totalement restée sur ce bateau car quasiment toute la marina en a eu vent. Dès le lendemain, je trouve un autre bateau pour le Guatemala, à bord 'un voilier métallique québécois de 50 pieds: ''La Dorcilyn'' et son capitaine ''Real''.


''La Dorcilyn''

Nous quittons Cuba, où j'ai finalement passé deux semaines. Notre destination est le Guatemala, avec une escale au Bélize de prévue.

Le voyage se passe très bien. Je me rends aussi compte que la navigation à deux est plus fatiguante qu'à trois car les gardes de nuit sont plus longues.

J'ai de la chance, Real a été chef-cuisinier à Montréal pendant 10 ans. Il anime nos repas de manière incroyable, surtout sur un bateau.

Real et la prise du jour: une belle daurade!


Au bout de 5 jours de navigation sans escale, nous arrivons au Bélize. Nous y restons quelques jours, puis au moment de partir, nous sommes victimes de corruption de la part des autorités portuaires.

Ils font payer 500 dollars d'amende à Real car celui-ci n'a pas appelé avec sa radio un pilote bélizéen agrée à naviguer dans les eaux protégées du pays.

Après consultation auprès d'autres capitaines, aucun d'entre eux ne s'est retrouvé confronté face à cette situation...

Nous reprenons néanmoins la route vers le Guatemala, notre prochaine escale et pour moi, ma destination finale à bord du Dorcilyn.

A la barre du ''Dorcilyn''

Il nous faut une journée et demie pour atteindre Livingston, qui est un village à l'embouchure du Rio Dulce, que nous allons ensuite remonter.

Quelle surprise à notre arrivée, je reconnais le bateau suédois qui est en mouillage! Le capitaine a du escroquer quelqu'un d'autre pour payer sa facture!

Puis, vient l'un des plus beaux moments de mon tour du monde: la remontée du Rio Dulce en voilier. Celle-ci nous fait passer à travers une magnifique gorge, au milieu de la forêt tropicale et tous ses oiseaux multicolores.

Real pendant la remontée du Rio Dulce


Nous pouvons voir les indigènes mayas guatemaltèques pendant les occupations quotidiennes. Ils se déplacent en pirogue, ils pêchent au filet et ils viennent aussi vous vendre des tortillas bien chaudes.

Un pêcheur et sa pirogue sur le Rio Dulce


Nous arrivons enfin à notre destination à Frontieras au Guatemala. Je laisse Real et le Dorcilyn, que j'espere rencontrer encore sur ma route car lui aussi fait un tour du monde.

 

4-Du Guatemala au Panama

A partir du Guatemala, mon objectif est de redescendre vers le Panama. J'ai déjà fait cette route il y a un an et je sais qu'il n'y a pas de difficulté majeure. L'autostop se deroule en effet très bien du Guatemala jusqu'au Nicaragua, puis la difficulté augmente au Costa Rica et au Panama, comme l'année dernière.

Au Nicaragua, l'autostop fût toujours aussi facile


Je repasse dans certaines villes, je vais visiter des amis de l'année passée, je revois certains faits caractéristique de chaque pays.

Au Nicaragua, les chauffeurs de camion installent toujours leur hamac sous leurs véhicules pendant les longs moments d'attente aux frontières.


L'autostop au Costa Rica quand cela fonctionne...


… ou quand personne ne s'arrête, ce qui m'amène à dormir dehors


Puis, un jour, je suis finalement arrivé à Panama City. A partir d'ici, ma mission a été de trouver un bateau pour la Colombie. Cela m'a pris 5 semaines! Decouvrez le pourquoi et le comment dans la deuxième partie de l'article intitulée :''L'enfer du Darien''.

A très bientôt,

Jérémy



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