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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : De l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud (2ème partie)

La Colombie, je l'avais en face de moi mais je ne pouvais pas l'atteindre. Pourtant, elle n'était pas loin, je pouvais presque la toucher, mais il était là, innaprochable et surtout intraversable...

Le ''Darien Gap'', cette partie de la route panaméricaine qui n'existe pas. Du haut de l'Alaska jusqu'au sud de l'Argentine, elle n'est interrompue qu'ici, entre le Panama et la Colombie.

Arrivé au Panama, il m'a donc fallu trouver une solution pour passer outre ou passer dedans. Le traverser, le contourner?

Il n'y avait pas beaucoup d'option quand je suis arrivé au Panama, mais j´ai tout de meme suivi mon objectif et donc de continuer en stop.

Des recherches sur le Darien jusqu'à l'arrivée en Colombie, et donc en Amérique du Sud, suivez-moi pour cette seconde et ultime partie narrant mon passage d'un continent à un autre.
 

Les recherches

De retour à Panama City, je connaissais déjà un peu la difficulté majeure car je m'y étais attaqué l'année passée, à mon arrivée sur le continent américain avec le catamaran.
A mon arrivée à Panama City, la ville croît toujours verticalement

A l'époque, je cherchais déjà à rejoindre l'Amérique du Sud depuis Panama. Je vous invite à relire cet article pour plus de précisions.

Lien de l'article de l'année passée

Le problème majeur de cette region est donc qu'il n'y a pas de route. Il faut donc trouver une alternative. Alors j'ai debuté mes recherches.

Tout d'abord, je me suis dirigé vers les marinas Balboa et Flamenco, les deux marinas les plus importantes de la ville.

Sur la jetée du Yacht Club de Balboa

Comme d'habitude, j'y laisse un message sur le tableau. J'y retourne regulièrement pour essayer de rencontrer les capitaines. Je ne trouverais personne qui ira dans ma direction à partir de cet endroit. Par contre, j'ai remarqué qu'il y avait ici beaucoup de départ vers l'Australie... Une information à se rappeler pour le futur donc.

Je quitte Panama City, un capitaine m'a dit qu'il y avait des chances de trouver quelque chose à la marina ''Shelter Bay'', sur la côte Caribéenne. Je m'y rend et dès le début de mes recherches, je trouve un bateau italien. Ceux-ci ne vont pas dans ma direction mais m'offrent de m'héberger jusqu'à temps qu'ils partent pour leur destination, c'est à dire l'Europe.

Le fameux couple d'italiens

Je reste 5 jours dans cette marina, à tenter de rencontrer tous les capitaines. Je fais même une liste de tous les bateaux ainsi que de leurs réponses à ma requête.
La liste des bateaux de la marina Shelter Bay, ainsi que leurs réponses

Je ne trouve rien. Seulement deux bateaux qui s'en allaient vers l'Equateur mais qui n'avaient pas besoin d'équipier.

Je passe à autre chose. De retour à Panama City, je recupère une liste des cargos passant le Canal de Panama pour le mois qui m'intéresse. Je contacte chaque armateur en lui faisant la même requête... Aucune réponse non plus... 

La liste des cargos traversant le Canal de Panama

Je contacte les compagnies d'avions, comme je l'avais fait à Miami... Je commence à désesperer et à envisager une traversée du Darien à pied. Le Darien est une jungle à la frontière entre le Panama et la Colombie. Les difficultés sont multiples. Si vous arrivez à traverser l'obstacle naturel, c'est à dire 150 kilomètres à la machette, avec des rivières infranchissables en saison des pluies (c'est à dire au moment de mes recherches) puis quelques gouffres en passant; vous aurez ensuite peut-être la chance de rencontrer quelques FARC, qui sont une force armée révolutionnaire en Colombie, mais très axée sur le traffic de drogue et le kidnapping... Voilà un peu le topo, et sans doute ce qui m'a fait réflechir à deux fois avant de tenter quelque chose dans cette direction.

La jungle du Darien vu de loin 

Finalement, je joue une autre carte. Mes amis italiens m'ont conseillé d'aller jeter un oeil sur une autre partie de la côte carribéenne, vers Portobello.

Je m'y rend et je découvre un nouveau moyen de transport: le cargo colombien. Ce type de bateau transporte des noix de coco ou d'autres produits plus ou moins légaux entre la côte panaméenne et la côte colombienne. Je tente ma chance avec le capitaine mais je me fais refouler une nouvelle fois... Celà va devenir une coutume...

Mais non, finalement je vais trouver mon bonheur, qui me fera quitter ce petit pays d'Amérique centrale ultra-americanisé en direction de la Colombie... Je ne peux pas être plus aux anges.

Mon sauveur est une lancha, autrement dit un bateau à moteur. Celui-ci vient tout juste d'être terminé de construire par trois personnes: Marco le québécois, Adam le néo-zélandais et Jack l'américain.

Ils débutent leur business, qui est de transporter des voyageurs de Panama vers la Colombie en passant vers San Blas.

Je leur propose de les aider à faire la promotion de leur offre touristique, ayant etudié dans ce domaine, en échange d'un passage gratuit.

J'offre d'aider à la promotion du produit touristique qu'est la lancha. Je réalise posters, brochures, cartes de visite et livrets du voyage.

Il faut savoir que si il m'a été aussi difficile de trouver un bateau, c'est que nous sommes dans une région tres touristique pour ce moyen de transport. En effet, beaucoup de capitaines voient là une opportunité énorme de se faire de l'argent en offrant des croisières sur leurs voiliers, moyennant 400 dollars pour 4 ou 5 jours, pour rallier Panama ou la Colombie en passant par les îles de San Blas.

Je suis passé l'année dernière et il y en avait une vingtaine qui faisaient ce voyage. Aujourd'hui il y en a une quarantaine! Autant dire que la compétition est féroce et je dois dire que certains capitaines aux dents longues me l'ont fait ressentir...

Néanmoins, j'ai trouvé une équipe. Des voyageurs qui m'acceptent, qui aiment mon projet et ce que je propose d'apporter. Je partirai donc pour la Colombie, et à travers les îles San Blas, à bord du ''Darien Gapster''

Moi et Adam devant le Darien Gapster à Coco Banderas, dans les îles San Blas

 
La traversée de San Blas


San Blas est cette région de Panama qui a réussit à garder la majorité de sa culture d'origine. Les îles San Blas sont majoritairement peuplées par les indigènes Kunas.

Les femmes sont très connues pour avoir des vêtements uniques. Elles sont vêtues de robes multicolores ornées de ''Molas'', qui sont des décorations brodées sur leurs vêtements.

Les femmes Kunas et leurs Molas

                

Ces mêmes Kunas ont réussi a se détacher du gouvernement panaméen et à aquérir un quasi-statut d'indépendance. Il fût très intéressant d'aller à leurs rencontres même si celà se rapproche tout de même d'une forme d'ethno-tourisme.

Les Kunas vivent dans des huttes qu'ils construisent avec le bois récupéré sur place. En fin de compte, il semble qu'ils utilisent presque uniquement leurs ressources et vivent quasiment de façon complètement autonome.

Les huttes des Kunas

 

Les Kunas se déplacent presque uniquement par pirogue. En effet, dans un environnement maritime comme celui-ci, il est plus aisé d'utiliser ce moyen de transport. Que ce soit pour pêcher, faire des commissions ou pour visiter un ami de l'île d'à côté, la pirogue semble donc être la façon la plus efficace de se déplacer.

Les Kunas dans leur pirogue


Jusqu'au plus jeune âge, ou d'ailleurs le port de vêtement ne semble pas obligatoire

L'eau est extrêmement claire. J'ai trouvé que San Blas est une partie du monde qui a su se protéger des problèmes de pollutions actuels. Avec de l'eau à mi-ventre, il est toujours possible d'admirer ses doigts de pieds...

Les fonds sous-marins transparents de San Blas

Il n'y a pas de corporation qui déversent ses déchets dans ces eaux paradisiaques. Presque pas de boîtes de conserves ou de sacs plastiques. Ici, on vit simplement, on mange la pêche quotidienne, donc seules les arrêtes finissent dans l'eau. Et aussi, pour les toilettes, vos selles finiront à la mer... Mais n'est pas bio-dégradable? Demandez à BP (British Petroleum), ils s'y connaissent.

Les toilettes Kunas, avec un trône dominant la mer

Les îles sont vraiment paradisiaques et je sais que je le répète. Pour en savoir plus sur les Kunas, il faudrait y vivre, mais le point positif et négatif est qu'il serait extrêmement difficile d'y être accepté.

Positif car cela leur permet de conserver leur culture. Celà a sauvé les Kunas à de nombreuses reprises.

Négatif car pour nous voyageurs, il est difficile d'étancher notre soif de savoir... Mais bon, cela vaut bien d'éviter une autre déculturation! Les Kunas ne seraient pas aussi uniques si ils etaient aussi accessibles et influençables.

Les îles paradisiaques des San Blas, souvent inhabitées

             

Nous sommes passés par des îles aux noms qui sonnent si biens: Lamunega, Coco Banderas ou encore Mamitupu. Puis finalement, nous sommes arrivés à bord de notre lancha, sain et sauf, jusqu'en Colombie.

A bord de notre lancha

                 

A partir de là-bas, je me suis dirigé vers Cartagène. A vrai dire, je me sens commencer une nouvelle aventure. Je suis très heureux d'y être finalement arrivé, en Amerique du Sud. Mes prochains plans m'amèneront à traverser la Colombie, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine... Avant de remonter le continent par la côte est, donc le Brésil et le Vénézuela.

La Terre de Feu, le Machu Pichu, Valparaiso et la Patagonie... Autant de noms qui nous font rêver, autant de lieux que je suis impatient de visiter.

Des Kunas aux Incas, j'espère vous faire découvrir de nouvelles civilisations très bientôt. En attendant, place au premier pays dont je fais l'expérience sur ce nouveau continent: la Colombie!

Bienvenue en Colombie!

 

 

Info Pour plus d'informations sur le Darien Gapster, que je remercie pour son honnête coopération, veuillez contacter:

Adam Riley

www.thedariengapster.com

thedariengapster@live.com

A très bientôt,

Jérémy



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