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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Le coeur de la Colombie

Souvent, la question revient. Qu'elle viennede mes conducteurs, de mes hôtes ou de personnes rencontrées au hasard des chemins, elle atterrit au milieu de la conversation:'' As-tu déjà envisagé d'abandonner ton voyage, de rentrer à la maison?''

Ma réponse, elle n'a pas changé depuis le début du voyage, c'est: ''Non''.

Néanmoins, à partir de maintenant, j'y ajouterai ceci : ''Mais je n'ai pas dis que j'ai jamais envisagé de rester dans un pays''. En effet, la Colombie m'a fait cet effet là. Mon passage dans ce premier pays d'Amérique du Sud n'était supposé me prendre qu'un seul mois. Mon séjour s'est multiplié par deux, mes chaussures restèrent en effet collées aux pavés du pays un mois de plus.

La Colombie a une très mauvaise image, vue de l'extérieur. Vue de l'intérieur, elle a de nombreux charmes. De ses habitants à sa culture, ses paysages ou sa sensation de mouvement perpétuel.

Partons donc de ce que nous savons de la Colombie, vue de l'extérieur. Vous vous rendrez compte que celà ne donne pas vraiment envie d'y aller. Les guérillas et problèmes narcotiques ont depuis supplanté le slogan touristique local: ''La Colombie, le seul danger, c'est d'y rester!''

Oui, d'y rester, mais pas au détour d'un cimetière. La Colombie ne m'a pas du tout donné envie de partir.

Dans une seconde partie, nous verrons quels sont les atouts du pays. De sa diversité culturelle, de son sens de la fête et donc de son approche de la vie.

Suivez-moi sur les pas de mes conducteurs colombiens, qui m'ont aidé à traverser le pays du Nord au Sud.

Mon itinéraire en Colombie

 

La FARC et les problèmes de guérillas

Vous en avez inévitablement entendu parlé. Celà fait plus de 50 ans que ça dure. Comme dans beaucoup de pays d'Amérique latine, des guérillas furent lancées avec pour but de construire un nouveau gouvernement. Leurs visions idéologiques n'étaient forcément pas partagées par les pouvoirs en place. Ainsi, les guérillas révolutionnaires finissaient souvent en guerres civiles sanguinaires, qu'elles soient financées par des pays intéressés dans ces conflits ou d'une autre façon.

En Colombie, les idéaux utopistes d'un monde meilleur ont été aujourd'hui oublié. La présence de la guérilla, principalement menée par la FARC (Forces Armees Revolutionnaires de Colombie), n'existe aujourd'hui que pour la Soif de Pouvoir de quelques pseudo-dictateurs. Son auto-financement l'amène donc à toutes sortes d'actes criminels. Nous parlons de kidnapping, de meurtres et surtout de trafic de narcotiques (principalement la cocaine).


J'ai d'ailleurs rencontré une française dans un village au sud de Cali, qui s'est fait kidnappée il y a quelques années de celà. Les ravisseurs, croyant que celle-ci avait un compte en banque bien garnie, ne s'étaient pas fait priés pour l'emmener vers un de leur camp caché dans la montagne. Cette française a eu énormement de chance que les guérilleros se fassent arrêter sur la route par un barrage de police. Ils furent arrêtés et ma connaissance française libérée. Elle demeure toujours en Colombie.

Les barrages militaires et de police sont choses extrêmement courantes aujourd'hui. Me voici fouillé à l'un d'entre eux.

La guérilla a perdu énormement de puissance. Un homme est principalement responsable de cette nette amélioration. Son nom est Alvaro Uribe. Il fût président de la Colombie pendant 8 ans de 2002 à 2010. Il a été élu sur la promesse de combattre la guerilla. Ses méthodes sont contestables bien sûr. Il appuya notamment la force militaire qui n'hésitaient pas à utiliser la manière forte. Néanmoins aujourd'hui, le pays est bien plus sûr, même si quelques actes isolés continuent toujours d'agiter les médias locaux

La force militaire colombienne, défilant à Armenia pour le bicentennaire de l'indépendance du pays


Ces mêmes militaires m'ont beaucoup aidé lors de la traversée du pays en autostop. A chaque check-point, je demandais s'il leurs était possible de m'arrêter un véhicule allant dans la direction souhaitée. La plupart du temps, en quelques minutes, ils réalisaient mon objectif avec beaucoup plus de facilité que moi-même.

A de nombreuses reprises, les militaires m'aidèrent à trouver un véhicule pour continuer mon chemin



L'autostop en Colombie


A vrai dire, celà faisait un moment que je n'avais pas éprouvé si peu de difficulté pour arrêter des véhicules. L'autostop en Colombie a été un mélange entre le Nicaragua, l'Egypte et la France.

Me voici en camion-stop dans le Nord du pays


L'Egypte, tout d'abord.

Comme je le disais un peu plus haut, j'ai énormement utilisé l'aide des militaires occupant les nombreux check-point présents sur toutes les routes du pays. A l'image de l'Etat nord-africain que j'avais traversé en Avril 2008, où de nombreux barrages étaient installés suite aux problèmes impliquant la possession du désert du Sinai, il me suffisait de les atteindre. Ils finissaient en général le travail pour moi.

La France.

Parce que la Colombie est garnie de péages, à l'image de notre pays hexagonal. Ceux-ci sont d'ailleurs très nombreux et onéreux. Je me demande encore comment les conducteurs peuvent subvenir à ces paiements multiples. Par exemple, entre Barranquilla et Medellin, distants d'environ 600 kilomètres , j'ai compté 12 péages. Ils coûtaient entre 10 et 15 dollars chacun pour un camion. Faites le calcul, sachant qu'un salaire moyen en Colombie est d'environ 250 dollars.

Un des multiples péages colombiens


Il fût ainsi aisé pour moi de contacter les conducteurs à l'arrêt. A partir du moment ou ils prenaient en considération mon voyage et mon aspect étranger, j'avais plus de chance de me faire accepter à bord.

Le Nicaragua parce que les locaux colombiens s'arrêtent aussi facilement que leurs camarades d'Amérique Centrale. Bien que la peur du danger représentée par les années de guerillas soit présente, l'autostop fonctionne aujourd'hui assez bien. Il faut juste faire attention à bien choisir ses véhicules car certains conduisent comme des fous, à l'image de beaucoup d'autres endroits sur Terre.

A certains moments, le danger vient des piétons... ou même des cyclistes!


J'ai d'ailleurs emprunté à de multiples reprises le deux-roues, mais celui avec moteur. L'originalité et l'intelligence de la conduite de motocyclettes en Colombie est qu'il est nécessaire de porter une veste fluo où l'immatriculation est brodée. Cela permet de distinguer l'identité du conducteur d'une bien meilleure façon que les mini-plaques auxquelles nous sommes habitués.

L'immatriculation visible des deux-roues colombiens


En Colombie, faire de l'autostop se traduit par ''Pedir chance'', alors ''bonne chance'' si vous souhaitez continuer votre route de cette facon!

Ou dois-je dire faire de ''l'autopare''?

 

L'atout colombien: ''La mise en avant de sa diversité''

Dehors le racisme.

Certains pays semblent trouver des limites de compréhension à partir de la couleur de peau, comme en Afrique du Sud ou même en France.

En Colombie certainement pas. J'ai été étonné de voir qu'au fond, la mixité de peau est ici vécue par tout un peuple à travers une culture partagée.

La Colombie est incroyablement riche dans sa diversité. Qu'elle soit dans son peuple, dans son climat ou dans son paysage, ici les différences sont atouts.

Pour vous expliquer un peu mieux comment fonctionne le pays, j'ai réalisé une petite carte expliquant succinctement les différentes zones importantes colombiennes.

Les differentes zones importantes de Colombie



-La côte Atlantique et Pacifique

Sur la côte Atlantique et Pacifique, la population est en majorité noire. Le climat est chaud et humide. Le style de vie est plutôt lent, bien que la façon de parler des côtiers soit extrêmement rapide, agrémenté de nombreux mots d'argots locaux. Il me fut difficile de comprendre la totalité de ce que l'on me disait là-bas, sachant que mon espagnol est loin d'être parfait.

Un cordonnier à Cartagène, me recollant les semelles. Ce dernier refusait même que je paie pour son service! Il m'a fallu insister cinq bonnes minutes afin de le rémunérer pour son travail. Ainsi va la vie d'un voyageur sur la côte caribéenne de Colombie.


La population est majoritairement noire car elle est issue de l'immigration africaine, suite à la traite des esclaves dans les Caraibes. Il existe même un village totalement africain du nom de Palenque. Aller dans ce village serait comme se retrouver sur le vieux continent.

Une vendeuse de rue sur la côte Atlantique

L'immigration espagnole fût réalisé d'une autre façon. En effet, l'époque des ''Conquistadors'' a décimé une bonne partie de la population indigène du continent. Il en reste néanmoins de beaux bâtiments, comme dans la ville coloniale de Cartagène.

Une église dans le centre de Cartagène



-El ''Eje Cafetero''


La partie verte claire de la carte représente la zone de culture du café. Au contraire de la côte, la population y est majoritairement blanche et à descendance hispanique. La façon de parler est plus lente, en détachant bien chaque mot.

Me voici à Armenia, ou je fus accueilli par une famille


Le climat est plus frais et le paysage montagneux. Nous entrons en effet dans la Cordillère des Andes. Cette partie de la Colombie m'a un peu rappelé les hauts plateaux d'Ethiopie, ou l'on cultivait également le café.

L'un des nombreux champs de café, ici près de Manizales



 

-La jungle de l'Amazone

Vous pouvez remarquer que la majorité du pays est situé dans la jungle amazonienne. Cette zone est très peu habitée et il est difficile de s'y rendre en raison d'un système routier très peu développé. Je ne m'y suis pas rendu, mais néanmoins j'envisage fortement de me rendre dans cette fameuse jungle lors de mon tour d'Amérique du Sud.
 

-Le Sud

Le Sud du pays est très diversifié. Il est possible d'y observer un mélange d'une population noire, blanche et également indigène.

Un enfant à Santander de Quilichao, sans doute fruit d'une mixité indigéno-hispanique


Il est possible d'y observer différents climats et paysages. Tout d'abord, celui-ci est chaud et semi-humide vers Cali, avec des plaines utilisées pour la multitude de types d'agricultures. Le climat permet en effet de cultiver un peu de tout et toute l'année en Colombie.

Puis, un peu plus vers le sud, nous retrouvons les montagnes, ou il fait plus frais et où le café réapparait.



Salsa, vallenato, champeta... Un pays qui danse et qui célèbre

Je me suis rendu compte très rapidement de l'intérêt que la Colombie a pour la fête. Je suis arrivé un mois de Juillet. Trois des quatre fins de semaines étaient allongées au mardi. En effet, comme il y avait un jour ferié dans la semaine qui arrivait, celui-ci était deplacé au Lundi. Celà permettait aux colombiens de faire la fête ou de se retrouver en famille le vendredi soir, le samedi, le dimanche et le lundi.

La Colombie est constamment sur un pas de danse. Pour celà, il organise un carnaval à Barranquilla, à Pasto, à Cali ou même ailleurs. Je suis arrivé pendant une féria à Santander de Quilichao, au sud de Cali. Tous les styles de musique et danses affiliées étaient représentés, mais surtout la fameuse salsa venant de Cali.

La féria à Santander de Quilichao


De même, j'arrive évidemment lors du bicentennaire de l'indépendance du pays. Le pays vécut ce jour-là au rythme des défilés, concerts et manifestations en tous genres.

A Salento, les décorations étaient aux couleurs du pays.

Tandis que les musiciens étaient à chaques coins de rues


La Colombie aime la fête. De même, cela permet les rapprochements et la formation de couples. Celà est d'ailleurs une activité très fréquente dans ce pays. Sachant que les colombiennes font sans aucun doute partie des plus belles femmes du monde, celà est plus que compréhensible.

Les colombiens aiment également le sens du paraître. Ils sont souvent propres sur eux, bien habillés. Les femmes de leurs côtés n'hésitent pas à augmenter leurs sex-appeal par quelconques opérations de chirurgies esthétiques. Ma foi, celà ne me semble vraiment pas nécessaire.

 

Dans ma rue

Etant constamment dans le personnage de l'autostoppeur, je passe beaucoup de temps dans la rue. Je voulais partager avec vous une partie de ce quotidien en vous faisant rencontrer le type de personne sur lequel je tombe fréquemment.

Mes repas, s'ils sont économiques, sont également traditionnels. En Colombie, chaque repas est accompagné d'une soupe, qui fait office d'entrée.

Le repas colombien, une soupe et un plat

De même, la boisson est souvent comprise avec le repas servi. La Colombie étant fertile, il arrive très souvent que l'on ait droit à des jus de vrais fruits. Vous savez, ceux qui semblent avoir disparu de la circulation dans les pays developpés. Qu'on ne me dise pas qu'un Sunny Delight ou qu'un Banga Manga je ne sais quoi équivaut à une vraie et simple orange.

Le vendeur de jus de simples et délicieuses oranges à Barranquilla


 

A certains moments, il est possible de rencontrer de vrais originaux. Dans un village du sud du pays dont j'ai oublié le nom, Je me souviens être tombé sur ce monsieur qui alimentait son feu avec un sèche-cheveux! La cuisson des arepas, sorte de pain de mais populaire en Colombie, s'en trouvait sans doute accelérée, mais bonjour la pluie de cendres!

 

Un ami chauffeur-sécheur

La rue débouche souvent dans les marchés. J'aime ces lieux hauts en couleurs. Il est possible d'observer la tradition et les coutumes. L'animation est au rendez-vous, rythmée par des cris annonçant les produits en vente et ponctuée par les dernières baisses de prix. Au detour d'une allée, je rentre dans le hall. Là-bas s'activent les bouchers. Je m'approche, je vois des pattes de chevaux à mes pieds. Quelle ambiance! Le boucher m'a l'air sympathique, même s'il est entouré de toutes ces viandes mortes. Au milieu de cet abattoir, il accepte que je le prenne en photo, non sans rechigner toutefois.


Mon boucher du jour, sans les pattes de chevaux!






J'arrive aujourd'hui en Equateur. J'ai finalement réussi à décoller mes semelles de ce béton colombien. Quels coeurs ils ont ces colombiens! J'ai rarement été aussi bien accueilli. Je me suis senti comme à la maison pendant deux mois. Voyager dans ce pays et apprendre cette nouvelle culture fût un réel plaisir.

Le sourire fût sur toutes les lèvres et j'ai constaté une réelle volonté de connaître l'autre

Prenons exemple sur cette petite fille qui etait curieuse de mon voyage. Elle me posait des questions sur chaque endroit que j'avais pu visiter.

Une petite fille très curieuse de mon voyage


Evidemment, je rappelle que tout n'est jamais parfait et qu'il faut tout de même faire attention où l'on met les pieds. Néanmoins, je ne pense pas qu'il faut autant suivre l'extra-sensationalisme attribué à la Colombie. Ce pays est, comme tous les autres, majoritairement peuplé de bonnes personnes. Je suis persuadé qu'ils vous le rendront si vous osez vous aventurer en leurs terres.

Allez, moi je continue vers le Sud, un nouveau pays m'a ouvert la porte: l'Equateur. En attendant, il ne faut pas que j'oublie de rendre cet accoutrement colombien!


A très bientôt,

Jérémy



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