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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Un conte du Pacifique

Distance: 7928 miles nautiques (14682 kilomètres)
Durée: 66 jours de navigation + 74 jours d'escale = 140 jours

Cher collègues voyageurs, vous qui me suivez depuis pas mal de temps déjà, je voudrais m’excuser pour le délai de mes nouvelles. Encore une fois cependant, c’est avec une bonne excuse que je reviens !

En effet, les deux derniers mois m’ont permis de me lancer dans un des plus gros challenge de ce tour du monde en stop : « La traversée de l’Océan Pacifique en bateau-stop ». Depuis la ville de Carthagène en Colombie,  j’ai débuté mes recherches pour une embarcation dans le but d’atteindre un nouveau continent : l’Océanie. Le but à long terme est d’atteindre l’Australie, située à quelques 16000 kilomètres de la Colombie.

L’Océan Pacifique est l’Océan le plus grand du monde. Sa surface est supérieure à 166 millions de kilomètres carrés, contrairement à 106 millions pour l’Océan Atlantique.

Je suis aujourd’hui arrivé à Auckland en Nouvelle-Zélande, après une traversée de 66 jours et presque 8000 miles nautiques. Laissez-moi revenir sur ces quatre derniers mois passés sur l’Océan Pacifique qui, je dois le dire, porte très bien son nom.

Carte GPS de la traversée du Pacifique en bateau-stop

 

Les recherches
24 Mars 2011, je débute mes recherches de bateau-stop. Je suis fraîchement arrivé à Carthagène des Indes après presque un an depuis mon premier passage dans cette ville. Entre deux, j’ai fait le tour de l’Amérique du Sud, en étant passé notamment par sa ville la plus australe du monde en allant visiter Ushuaia, située du côté argentin de la Terre de feu.

Grâce à mes dernières expériences de bateau-stop, qui m’ont entre autres permis de relier l’Afrique du Sud au Panama, les Etats-Unis à Cuba ou encore Cuba au Guatemala, je sais que la persévérance et quelques astuces me permettront de gagner du temps dans ces recherches.

Tout d’abord, je me rends à la marina de Carthagène et dépose une affiche pour offrir une position en tant qu’équipier à un éventuel capitaine qui en aurait besoin.

L’annonce déposée à la marina de Carthagène en Colombie

Je m’y rends tous les jours. J’essaie de parler avec le maximum de personnes dans la marina pour faire connaître mon offre, tout en essayant de rencontrer directement les capitaines quand ils sont sur leurs bateaux…. Ou au bar !

Le bar de la marina de Carthagène

Au final, cela me prendra 5 jours.
Au 4ème jour, je rencontre en effet Rupert ... au bar. Ce dernier est un capitaine anglais réalisant un convoyage de Sainte Lucie dans les Caraïbes jusqu’à la Nouvelle Zélande. Il me demande de revenir le lendemain, lorsqu’il aura réfléchi à mon offre. Le jour suivant, il me propose de le joindre jusqu’à Panama. Pour cette partie du voyage, il me demande une somme d’argent équivalente aux coûts de mes besoins alimentaires à bord. Si cette partie du voyage se passe bien, il y aura peut-être assez de place pour que je continue le voyage avec lui un peu plus loin sur le Pacifique. D’une certaine façon, je passe un test !

Je passe un test en tenant le gouvernail sur une partie du trajet entre la Colombie et Panama

L’équipage, pour cette première partie du voyage est constitué du capitaine Rupert (anglais), de Darrah (américaine), et le couple Rafa et Kate (brésilien et australienne).

Ici de gauche à droite Rafa, Rupert, Kate et moi à la barre



 

L’étape de Panama

Pour la troisième fois de ce voyage, me voici donc à Panama. Ce petit pays d’Amérique centrale est un véritable carrefour naval. Le canal de Panama, génie d’ingénierie, régule les passages de l’Océan Atlantique vers l’Océan Pacifique et vice-versa. J’ai sans doute réussi cet examen de passage puisque le capitaine Rupert me garde à son bord et commence à me parler de la future TransPacifique qu’il va réaliser.

Il y a une attente de 12 jours pour traverser le canal de Panama. Nous patienterons entre le village de Porto Belo et la marina de Shelter Bay près de Colon. Un événement plutôt regrettable nous arrivera dans ce petit village puisqu’un soir nous revenons au ponton et nous découvrons que notre annexe a disparu. Nous le retrouverons le lendemain, flottant au milieu de la baie mais évidemment délaissé de son moteur. Nous n’attraperons pas le voleur et encore moins le moteur.
Par contre, nous récupérons à bord  le couple d’espagnols Nacho et Diana ; l’italien Michele alors que Darrah, pour sa part, nous laisse ici et retourne aux Etats-Unis où du travail l’attend.

Après presque deux semaines à attendre notre droit de passage pour traverser le canal de Panama, nous pouvons enfin rejoindre l’Océan Pacifique en traversant ce fameux isthme central américain.
Le canal de Panama est constitué de trois ensembles d’écluses : Gatún, Miraflores et Pedro Miguel. Chaque ensemble d’écluses a pour but de permettre les navires de rejoindre par pallier les différents niveaux d’eau du passage entre les deux Océans. Au milieu se trouve le Lac artificiel de Gatún, qui permet de naviguer entre les différentes parties du Canal.

Me voici lors de notre passage de nuit à l’ensemble d’écluses de Gatún

Le lendemain, nous terminons la traversée du canal par les écluses de Pedro Miguel et de Miraflores. Le système est un peu différent car cette fois-ci, nous attachons notre voilier avec des cordes, car les remous formés par le nivellement d’eau des écluses peuvent déplacer notre embarcation vers les parois de celles-ci. La veille, notre voilier était attaché à un catamaran, qui lui était attaché à un bateau à moteur, qui lui était attaché à une des deux parois.

Les lanceurs de cordes de l’ensemble d’écluses de Pedro Miguel

Nous arrivons enfin à Panama City. Cette ville me parait encore plus développée que l’année dernière et que l’année d’avant. Des buildings poussent comme des champignons dans le centre financier. En quelque sorte, Panama City me parait être le Shanghai d’Amérique Centrale.

Cependant, mes sentiments sont autre part à ce moment. J’ai obtenu le feu vert du capitaine pour joindre l’équipage lors de cette imminente traversée du Pacifique. Nous serons 7 à bord pour ce voyage : Rupert, Michele, Nacho, Diana, Kate, Rafa et moi-même. En tant que membre d’un convoyage, tous mes frais seront payés, même ma nourriture.
Je traverserai au moins une bonne partie du Pacifique à bord du voilier monocoque Benneteau de 45 pieds le« Khamsin » et pour cela, je ne peux pas être plus heureux!

Le voilier « Khamsin » sur lequel je traverserai une bonne partie du Pacifique



 

La traversée du Pacifique, de Panama à la Nouvelle-Zélande

Mes missions à bord consistent, comme lors de la traversée de l’Atlantique, à participer à la vie à bord. Ainsi, je cuisine, je prends mes gardes de nuit, je nettoie le bateau et j’essaie d’être présent pour aider au maximum.

A Panama par exemple, j’aidais à remettre à neuf le voilier 

Cependant, la difficulté de cette traversée se fera dans la longueur. Comme une course d’endurance car il se peut que je me retrouve 3 à 4 mois sur ce voilier. Pour que vous compreniez un peu mieux, permettez-moi de vous montrer une carte du Pacifique.

La carte de l’Océan Pacifique

Maintenant, si vous avez l’occasion de posséder un globe terrestre et de l’avoir près de vous, je vous propose de réaliser cette petite expérience.
Trouvez l’Océan Atlantique. Vous voyez la distance entre l’Afrique et l’Amérique. Sur une face de ce globe, vous pouvez voir les deux continents.
Maintenant, tournez le globe vers l’Océan Pacifique… Vous voyez la différence ? Une partie entière du globe est constituée d’eau et ce, dans un seul océan ! Vous pouvez ainsi comprendre d’où vient le surnom donné à la Terre : « La Planète bleue ».

De Panama aux Iles Galápagos
La première partie du voyage nous permet de me familiariser avec le bateau et de mieux connaître chaque membre de l’équipage.
Après quelques jours de traversée, nous passons dans l’hémisphère Sud. En clair, nous traversons la ligne imaginaire de l’Equateur. Pour le capitaine Rupert, c’est l’occasion idéale pour se raser… Mais d’une manière plutôt originale, voyez-donc !

Le passage de la ligne imaginaire de l’Equateur donna l’occasion au capitaine Rupert de se raser…

… Une décision que je décidais tout de même de suivre… Ordre du capitaine !

Près des îles Galápagos, notre allure ralentit considérablement. En effet,  nous sommes dans une zone de « Pot au noir » où les vents n’existent presque pas la majorité de l’année. En conséquence, notre capitaine Rupert nous indique que si nous en avons le désir, nous pouvons aller nager derrière le bateau puisque ce dernier indique 0 nœud. Nous faisons en effet du surplace et tout l’équipage (ou presque !) saute joyeusement au milieu du Pacifique pour nager un peu.

L’équipage (ici Nacho et Diana) saute joyeusement dans l’Océan Pacifique !

Nous sommes en effet 7 à bord mais il y a surtout 6 nationalités et 5 langues différentes parlées (anglais, italien, espagnol, portugais et français). Ce mélange cosmopolite et hétérogène entraîne des échanges intéressants et liés à la découverte de chaque culture.
Ainsi, l’heure des repas permet de goûter des mets issus des lieux de provenances de chacun.

L’italien Michele prépare ici un dîner de Gnocchis

Après 8 jours de navigation, nous arrivons aux îles Galápagos, si chères à Charles Darwin.

Pour lire l’article sur les Iles Galápagos, cliquez ici

 

Des Iles Galápagos à la Polynésie française
Comme certains d’entre vous le savent peut-être, il y a souvent des choses qui ne fonctionnent pas de manière adéquate sur un bateau. Sur le « Khamsin », nous avons plutôt été gâtés. En effet, le voilier n’étant pas neuf, certains détails nous ont changé la vie à bord. Ainsi, les batteries ne se chargent plus qu’au minimum. L’alternateur nous abandonne presque et les batteries elles-mêmes nous lâchent. Nous ne pouvons plus utiliser le pilote automatique et devons tenir le gouvernail chacun notre tour pendant presque toute la traversée. Le gouvernail, à son tour, ne fonctionne pas comme nous le voulions. Le voyage devient une aventure.

Néanmoins, le capitaine est qualifié et expérimenté. Nous profitons des pannes de courant pour apprendre à utiliser le sextant. J’ai donc l’occasion de pouvoir utiliser cet objet astronomique à quelques reprises. Rupert et Michele réalisent les calculs en fonction de la position de la lune et des étoiles pour savoir où notre bateau se trouve. Bien que c'est plus pour le divertissement que par nécessité, l’expérience est très intéressante.

Mes premiers pas avec un sextant

Notre traversée se passe néanmoins très bien. Les vents nous sont favorables pendant presque tout le trajet que nous avons suivi. Les voiles fonctionnent bien et c’est ce dont nous avons besoin sur un voilier !

Nous lisons, conversons et contemplons le spectacle de la nature. L’Océan Pacifique est tellement grand qu’il est difficile d’y rencontrer âme qui vive. Pendant plus de 10 jours, nous ne voyons aucune autre embarcation sur notre chemin.

Nous lisons, conversons, dormons...

Par contre, nous ne ratons pas la faune marine qui, curieuse de notre progression, n’hésite pas à nager à nos côtés. Nous voyons donc des groupes de dauphins et de baleines pilotes. Ceux-ci n’hésitent pas à faire leur show et réaliser d’incroyables sauts hors de l’eau. Leur joie et leur bonne humeur est communicative. Tout l’équipage retrouve des allures d’enfants en essayant d’attirer leur attention !

Les baleines pilotes nageant à nos côtés

La nature, nous l’admirons également chaque matin et chaque soir lors des levés et des couchers de soleil. Certains sont absolument incroyables, les teintes du ciel contrastant avec la monotonie du paysage océanique.

Les levés et couchers de soleil sont parfois absolument incroyables

Le paysage océanique est parfois monotone, certes. Cependant, il arrive que sa platitude la plus complète entraine des visions également époustouflantes. Ici, dans l’archipel des Tuamotus en Polynésie française, l’absence totale de vent fût toutefois comblée par une vision matinale psychédélique.

La platitude océanique a parfois ses avantages

Puis, nous sommes finalement arrivés à une nouvelle étape : la Polynésie française.
Pour ma part, cela représente la découverte d’un nouveau continent : l’Océanie. Nous avons passés la moitié du Pacifique mais nous devons faire une escale un peu plus longue pour réparer notre voilier. Cela est l’occasion pour nous de découvrir les charmes de la Polynésie française.

Cliquez ici pour lire l’article sur les charmes de la Polynésie française

 

De la Polynésie française aux îles Tonga
Nous repartons à 5 de Tahiti. En effet, Kate et Rafa ont décidé de s'y arrêter. En tant que passionnés de surf, ils ont décidé de passer plus de temps dans le «Temple » de ce sport. Ils embarquent à bord du Back Beat, un bateau ami qui a besoin d'équipiers et qui voyage plus lentement que nous. Tout le monde est content même si nous perdons deux amis. Dans l'affaire, je récupère tout de même une cabine ! En effet, j'ai passé les deux derniers mois à dormir dans le salon du bateau.

Nous quittons donc la Polynésie française et donc une partie de la France. Il est temps de descendre le drapeau bleu blanc rouge qui flottait pendant toute la durée de notre séjour, au grand désespoir de notre capitaine anglais !

La descente du BBR au départ de la Polynésie française

Nous dépassons la magnifique île de Moorea et nous continuons en suivant les vents d'est. Nous nous dirigeons vers les îles Tonga, où nous bifurquerons enfin par le sud. De Tahiti à Nuku'Alofa, la capitale des îles Tonga, il y a environ 1500 miles nautiques.

Nous dépassons la magnifique île de Moorea

La navigation est plutôt calme. Notre pilote automatique est réparé ce qui facilite grandement la vie à bord. Nous fêtons l'anniversaire de Nacho en lui préparant un gâteau au chocolat. Il fût tout de même assez difficile de cuire cette pâtisserie avec un voilier en mouvement constant !

L'anniversaire de Nacho

Nous avions prévu de nous arrêter à Palmerton aux Iles Cook mais le manque d'information quant à la profondeur de l'entrée du passe de l'atoll nous amène à nous arrêter plutôt à la petite île indépendante de Niue.

Le panorama de Niue à notre arrivée par la mer

 

Cliquez ici pour lire l'article sur Niue la sympathique

Trois calmes jours de navigation plus tard, nous arrivons dans un Royaume, celui des îles Tonga. Nous accostons à Nuku'Alofa, la capitale.

Notre arrivée dans cette région du monde est phénomène à une très curieuse expérience... Nous avançons dans le temps !

En effet, nous dépassons une autre ligne imaginaire. Cette fois-ci, nous ne passons pas d'un hémisphère à un autre mais par contre nous franchissons la ligne internationale de changement de date. Dans la nuit du Vendredi 15 Juillet, nous passons directement au Dimanche 17 Juillet. Le Samedi 16 Juillet 2011 n'a tout simplement pas existé pour nous !

Nous arrivons donc en cette fin de semaine à Nuku'Alofa.

Notre escale est malheureusement très courte car nous décidons de faire route vers la Nouvelle-Zélande dès que nous aurons une météo favorable. Celle-ci intervient deux jours plus tard.

Cliquez ici pour lire l'article sur le Royaume des Tonga

 

Des îles Tonga à la Nouvelle-Zélande
C'est la dernière étape du voyage et c'est également la plus difficile. Nous arrivons en hiver dans l'hémisphère sud. La température va diminuer d'une bonne dizaine de degrés au fur et à mesure que nous descendons vers le sud. De ce fait, les couches de vêtements vont augmenter en même temps que les degrés vont disparaître

Les couches de vêtements augmentent en même temps que la température diminue

La météo, annoncée comme plutôt tranquille, va nous jouer quelques mauvais tours. Dès le premier jour de notre départ de Nuku'Alofa, nous sommes touchés par des vents de plus de 40 nœuds. Pendant 6 jours, les vents vont et viennent avec plus ou moins de force. Un nuage atteint même des vents de 60 nœuds ! Celui-ci m'envoie valser sur le sol de ma cabine alors que je dormais...

Il est difficile de prendre une photo du sonar lorsque le voilier tangue autant, mais voici approximativement à quoi ressemble l'approche de ce type de nuages plutôt agressifs

Souvent, les vents sont accompagnés de vagues. Ces dernières atteignent une bonne dizaine de mètres lors de nos moments de tempêtes

Nous complétons cette traversée de 1200 miles nautiques en 13 jours, alors que nous l'estimions à 7 jours maximum. En effet, après ces périodes de tempêtes, notre moteur ne fonctionne plus. Additionné à cela, les vents disparaissent totalement pendant une semaine ! Nous avançons à une vitesse n'excédant pas 2 nœuds.

Me voici avec Nacho, recherchant la meilleure position pour les voiles

Nous arrivons donc le 13ème jour près des côtes de Nouvelle-Zélande. Nous décidons de nous arrêter à Whangarei, dans le nord du pays, pour réparer le moteur. Pour cela, un remorqueur vient nous chercher dans la baie car nous ne pouvons plus avancer, les vents n'ayant pas réapparus.

Un remorqueur vient nous tirer pour nous amener vers la marina de Whangarei

Nous sommes tous très fatigué mais très heureux d'arriver à l'issue de cette très grande traversée.

Quelques jours plus tard, nous arrivons à notre destination finale : Auckland. Nous passons devant le centre ville ce samedi 6 Août 2011 à 10 heures du matin, plus de 4 mois après avoir quitté Carthagène en Colombie.

Nous passons devant le centre ville d'Auckland lors de notre arrivée dans la plus grande ville de Nouvelle-Zélande

Le propriétaire du bateau est tellement heureux de nous voir arriver qu'il nous invite le soir-même à un événement sportif important... Nous irons voir le match de rugby Nouvelle-Zélande/Australie au stade d'Eden Park !

Il me reste quelques jours pour nettoyer le bateau ici à Auckland avant de reprendre la route, l'auto-stop et de découvrir ce nouveau pays : la Nouvelle-Zélande.

...En commençant par la coupe du monde de rugby qui va débuter ici dans quelques semaines!

A très bientôt !

Jérémy  



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