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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : La Mer de Corail en «Bateau de Marchandise-stop»

Une nouvelle fois, j'ai failli être rattrapé par la réalité administrative. A 3 jours de la fin de mon visa touristique en Nouvelle-Zélande, j'ai réussi à continuer mon tour du monde en stop en trouvant un véhicule qui me permet de rejoindre l'Australie.

Tout simplement, à 3 jours près, j'évite de me faire expulser de la Nouvelle-Zélande, de me faire confisquer mon passeport et surtout je peux étendre mes horizons vers un nouveau pays, ce qui signifie ouvrir une porte vers la suite de mon aventure.

Il m'a tout de même fallu 5 semaines d'investigations à plein temps. Comme vous le savez maintenant, lorsque la route s'arrête et qu'une mer ou un océan se dresse devant moi, cela devient tout de suite problématique dans l'optique d'un franchissement en stop. Ajoutez à ceci que j'ai effectué mes recherches pendant le début de la saison des ouragans, cela revient à rajouter du piment dans une sauce mexicaine... Déjà que l'ensemble était difficile à avaler, là ça commence à piquer sérieusement.

Enfin, j'aime ces genres de défis car ils sont motivants. Je sais également qu'une victoire n'a réellement de saveur qu'après avoir beaucoup donné. Voilà comment ces dernières semaines se sont déroulées.

Les recherches
La logique dans mes recherches voulait que je commence par quelque chose que je connaissais déjà. Par le passé, j'avais donc réussi à traverser l'Atlantique et le Pacifique en voilier-stop. L'avantage est qu'il est possible d'avoir une interaction directe avec les capitaines de ce type d'embarcation. De plus, la décision de vous prendre n'appartient en général qu'à eux. De ce fait, votre pouvoir de séduction n'est souvent que la seule limite pour vous faire embarquer. Pour faire simple: «Soyez persuasif!»

Les voiliers
Je me suis donc rendu avec bon espoir dans les marinas de Nouvelle-Zélande. J'ai sérieusement commencé mes recherches dans la «City of Sails» d'Auckland. Il y a en effet des milliers de voiliers dans la plus grande ville de Nouvelle-Zélande, d'où son surnom.

Le bassin d'Auckland, où la « America Cup » a déjà eu lieu

Malheureusement, je me rends compte rapidement que nous sommes bientôt en saison des ouragans et que personne n'envisage de partir vers l'Australie en ce moment. Je tente de rencontrer le maximum de personnes dans le monde de la voile, je me rends dans les marinas des villes de Whangarei, d'Opua, de Nelson... Tout le monde me répète le même refrain. Je décide d'envisager d'autres options.

Je passerai les semaines qui suivent devant mon écran d'ordinateur.

L'avion
Je n'ai jamais fait d'avion-stop durant ce tour du monde. L'opportunité d'au moins essayer se présente logiquement à ce moment. Si personne ne prends la mer, je suis sûr que certains prennent les airs.

Je contacte les compagnies d'avions, tels «Air New Zealand» ou «Virgin». Je découvre rapidement que certains ont même un service spécialisé pour sponsoriser des vols. Cela est plutôt un bon début !

Après plusieurs journées passées à contacter différentes compagnies, je réalise que ce type de corporation n'a aucun intérêt à m'aider dans mon voyage. Toutes mes sollicitations se concluent par des refus.

L'avion-cargo
Après réflexion, je me dis que si ces compagnies ont des services spécialisés en «sponsorship», cela veut sans doute dire qu'ils reçoivent un certain nombre de requêtes.

Plutôt que me perdre dans la masse, je dois tenter quelque chose qui va me différencier des autres.

Je découvre qu'il existe des compagnies d'avion-cargo, qui livrent uniquement des biens. Je contacte entre autres «Cargolux» ou «DHL». Les réponses sont également négatives, mais cette fois-ci pour des raisons de légalité.

Le «caretaker»
Plus les refus se multiplient, moins d'options s'offrent devant moi. Je dois donc être imaginatif pour trouver une solution, ce qui parfois donne lieu à quelques idées saugrenues.

Un médecin anglais rencontré à Auckland m'avait ainsi parlé du transfert d'organes d'hôpitaux à hôpitaux. Il m'avait précisé qu'il y a toujours besoin d'une personne pour prendre soin de l'organe lors du transfert. Celle-ci est appelée en anglais un «caretaker». N'étant pas médecin, je ne pouvais donc pas être cette personne, mais j'ai toutefois poussé la recherche pour savoir si des «caretakers» étaient utilisés dans d'autres domaines.

Il s'avère que les Musées utilisent la même technique pour les envois d’œuvre d'art vers des Musées Internationaux. Il va falloir maintenant trouver la bonne approche pour convaincre la bonne personne...

Quelques jours auparavant, j'avais rencontré le manager du Royal Yacht Club Squadron d'Auckland. Il m'avait donné sa carte.

Après un temps de recherche, je découvre que le directeur du Musée d'Auckland est membre de l'élitiste Royal Yacht Club Squadron en Angleterre. Je pense qu'il doit aussi fréquenter celui de Nouvelle-Zélande.

La bonne approche s'écrivit devant moi... J'espère que le manager du Royal Yacht Club Squadron d'Auckland pourra convaincre le directeur du Musée d'Auckland de m'écouter. L'idée est que j'arrive à devenir «caretaker» d'une œuvre d'art lors d'un transfert depuis le Musée d'Auckland vers un Musée en Australie.

Ce sera un refus.

Le bateau de marchandise
La mer, les airs, les petits bateaux, les gros avions, les petits avions, il me manque les gros bateaux. J'ai donc épluché tous les mouvements de bateaux des ports d'Auckland, de Tauranga, de Napier et de Wellington. A toutes les compagnies qui avaient un bateau qui partait vers l'Australie dans les deux mois qui suivaient, j'ai envoyé une requête pour faire partie du voyage. Sachant que le plus difficile est d'atteindre la bonne personne dans une compagnie de cette taille, j'ai donc envoyé un email à chaque personne de chaque compagnie, depuis la secrétaire du bureau local en Nouvelle-Zélande jusqu'au PDG du bureau principal souvent situé en Europe.

J'ai même contacté le bureau de directeurs entier de la Royal Caribbean aux États-Unis, qui avait un paquebot de luxe allant vers l'Australie.

Après une bonne cinquantaine de refus et des centaines de demandes envoyées, j'ai finalement un «oui» qui arrive dans ma boite email.

La traversée
La compagnie Sofrana m'offre de me prendre en stop de la ville d'Auckland en Nouvelle-Zélande jusqu'à Brisbane en Australie, via Nouméa en Nouvelle Calédonie. Je ne traverserai donc pas la Mer de Tasmanie, mais je remonterai par l'Océan Pacifique Sud puis je traverserai la Mer de Corail.

De la Nouvelle-Zélande vers l'Australie, via la Nouvelle Calédonie

Nous partons le Vendredi 28 Octobre d'Auckland. Nous devrions nous arrêter à Nouméa pour quelques heures le Lundi 31 Octobre, puis l'arrivée finale à Brisbane est prévue pour le Jeudi 3 Novembre.

Ce qui est sûr est que je ne suis pas en retard pour le départ d'Auckland !

Le départ d'Auckland, par la mer comme à l'arrivée

Je découvre le bateau de marchandise «Sofrana Surville». L'équipage est majoritairement composé d'ukrainiens, de russes et de philippins. Il y a également un birman et un lituanien.

Le cargo Sofrana Surville

L'équipage du Sofrana Surville

J'ai la possibilité de visiter le cargo. Il y a 7 étages dans la tour centrale. La meilleure vue sur la mer est au dernier étage, appelé le «pont». J'ai l'autorisation d'y aller par moment.

A la place du pilote, sur le pont

La meilleure vue sur la mer et sur les containers du cargo est au dernier étage

Je suis conduit dans ma cabine, où je passerai la majorité de mon temps. Je suis tout de même surpris quand je découvre celle-ci. On m' a en effet gardé la «cabine du propriétaire», sans doute l'une des meilleures à bord! Il y a trois pièces: un bureau, une chambre et une salle de bain. Le mobilier est principalement en bois. Il y a même l'eau chaude et l'électricité. J'apprécie vraiment le cadeau!

Ma cabine pendant la traversée

Mon quotidien est très simple. Je reste dans ma cabine, à part quand les trois repas journaliers sont servis. A 8h le petit-déjeuner, à 12h le déjeuner et à 18h le dîner. Il est évident que le reste de l'équipage est occupé à travailler et que j'essaye de me faire le moins encombrant. Cela me donne toutefois la possibilité de me reposer et d'organiser la suite de mon voyage.

Entre la Nouvelle Calédonie et l'Australie, l'équipage organise une soirée barbecue

Escale en Nouvelle Calédonie
Nous nous arrêtons quelques heures au port de Nouméa en Nouvelle Calédonie. Il m'est donné la possibilité d'aller faire un tour dans le centre de Nouméa, ce que je ne refuse évidemment pas.

A l'image de Tahiti, je suis encore une fois surpris par les proportions des différentes constructions qui me rappellent la métropole. Les architectes ont sans doute été dans les mêmes écoles.

Je trouve la ville de Nouméa très jolie et très colorée. La nature paraît plus présente qu'à Papeete. C'est plus verdoyant, plus vivant.

Le musée de Nouméa

Étant donné que nous sommes arrivés en plein week-end de la Toussaint, il n'a pas un chat dans les rues. Presque tous les magasins sont fermés, donc il est difficile de rencontrer des locaux.

Un parc dans le centre de la ville

Enfin, je ne suis là que pour quelques heures, ce qui me permet tout de même d'avoir un aperçu de la ville. Il est rapidement le temps de revenir au bateau, que je ne voudrais pas manquer !

En face d'une marina de Nouméa

Il est temps de revenir à bord

Arrivée en Australie
Trois jours plus tard, nous atteignons Brisbane en Australie. Nous avons parcouru 1750 miles nautiques, soit 3250 kilomètres.

Comme à chaque arrivée par la mer, je suis fasciné par l'apparition progressive de la côte, puis des premiers bâtiments et enfin des voitures qui semblent s'acheminer vers la droite ou vers la gauche comme des fourmis.

Je me dis surtout que j'arrive dans un nouveau pays qu'il me tarde de découvrir et qu'un nouveau défi a été relevé. Ce ne fût pas facile mais la récompense est là... L'Australie !

L'arrivée en Australie

 

Merci à la compagnie SOFRANA de m'avoir permis de continuer l'aventure en "bateau de marchandise-stop"!

A très bientôt,

Jérémy



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