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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Une Indonésie qui me sourit

Après l'Australie et une arrivée en avion-stop, j'arrive en Indonésie, un archipel d'environ 17000 îles, rien que ça ! C'est aussi le 4ème pays le plus peuplé du monde, avec environ 250 millions d'habitants.

Cela représente aussi pour moi l'arrivée dans le dernier continent que je vais traverser dans ce tour du monde en stop : l'Asie.

Pour être tout à fait honnête, à mon arrivée dans ce pays, je ne savais pas grand chose sur celui-ci. Les informations qui ressortent dans les médias de masse n'aident pas non plus à se faire une très belle idée du pays : tsunami de 2004, attentat de Bali en 2002. Pourtant, il y a tellement plus à en dire...

La culture est tellement variée et complexe que je pourrais passer une vie dans ce pays en posant encore des questions sur la signification de ceci ou de cela. Cet article sur l'Indonésie a donc pour but de vous donner mes impressions sur le pays, de ma rencontre avec les habitants et bien sûr d'agrémenter tout ça avec un peu d'autostop.

De Bali à Sumatra, en passant par la très densément peuplée Java, suivez-moi pour découvrir quelques facettes de la multiculturelle Indonésie.

Allez, Selamat datang di Indonesia !

 

Le Bahasa Indonesia

Je vais commencer l'article par ce que j'ai commencé à faire lorsque je suis arrivé en Indonésie : apprendre l'indonésien.

Comme il y a un nombre très important d'ethnies pratiquant des dialectes différents, le gouvernement, par soucis d'unification, a introduit en 1928 un langage national que tout le peuple devrait apprendre : le « Bahasa Indonesia », la langue nationale indonésienne.

Cette langue est très facile à apprendre. A l'image des langues Bantou comme le Swahili, il n'y a pas de conjugaison, pas de genres, pas de pluriel non plus. Sujet + Verbe + Complément. Il ne reste plus qu'à apprendre le vocabulaire. De même, les mots sont simples à prononcer et à comprendre. En trois semaines et environ 300 mots de vocabulaire assimilés, ma vie a changé en Indonésie...

Evidemment, pouvoir communiquer avec les locaux dans leur propre langue change complètement un voyage. Apprendre une langue est une manière de montrer l'intérêt que vous portez à une culture. Les indonésiens ont fortement apprécié ce fait et me l'ont rendu au centuple. Je me suis fait inviter plusieurs fois à dormir chez l'habitant, juste à la conclusion d'une discussion que j'avais eu en indonésien.

 

L'indonésien

Un sourire qui irradie le visage de ses habitants. Un sourire contagieux qui termine inévitablement sur un visage, le mien. Il y reste pendant deux mois, la durée de mon séjour en Indonésie.

Certains disent que ne pas sourire à un indonésien est une expression d'arrogance envers celui-ci. Certains indonésiens disent que sourire est juste une façon de ne pas être impoli...

Certaines études occidentales ont démontré l'efficacité de la thérapie par le sourire. Sourire aide à devenir heureux.

Alors, l'indonésien sourie t-il seulement pour ne pas être impoli ? Permettez-moi d'en douter quand même... Il y a des marques de bonheur qui se ne cachent pas...

Honnêtement, après deux mois passé en leur compagnie, ce fût un réel plaisir d'avoir été à leur rencontre. Pour résumer en quelques lignes, grâce aux habitants de ce pays, je mets l'Indonésie tout en haut de la liste de mes pays préférés avec la Colombie et le Soudan. Gros coup de cœur en effet !

L'indonésien est très curieux. Il est vrai qu'en tant que « buleh » (appellation donné au « blanc occidental » en Indonésie, au même titre que « gringo » en Amérique latine ou « Muzungu » au Kenya), il est évident que j'attire facilement l'attention. L'indonésien ne veux en général pas laisser passer l'occasion de savoir qui vous êtes, d'où vous venez ou ce que vous faites ici. Je me suis pris au jeu et cela m'a permis de réaliser de nombreuses rencontres.

Lors d'une conférence donnée à une Université à Yogyakarta, j'ai trouvé les étudiants très attentifs et très curieux d'en savoir plus sur le monde. Un vrai bon point !

 

Un melting-pot de croyances

L'Islam
L'Indonésie est le plus grand pays musulman du monde au niveau de sa population. Environ 80% des 250 millions d'habitants supportent l'Islam.

La mosquée Istiqlal de Jakarta

L'Islam indonésien m'a paru modéré tout en respectant ses valeurs. Le message de rassemblement et de tolérance m'a généralement paru comme perçu. Là-bas, l'Islam m'a souvent été présenté comme un choix personnel et jamais je ne me suis senti jugé à propos de mes propres croyances. Dans d'autres parties du monde, pour cette même religion, ce ne fût pas toujours le cas.

Peut-être est-ce du à la culture locale, mais quand un indonésien me demandait ma religion, cela était toujours fait dans la délicatesse :

« I am very sorry to ask, but what is your religion ? » (L'équivalent en français de leur démarche de questionnement équivaudrait à : « Excusez-moi pour ma curiosité, mais quelle est votre religion ? »)

Une cérémonie de circoncision près de Bandar Lampung, dans le sud de Sumatra

Après être passé dans plusieurs pays où cette religion était majoritaire, je pense que les messages du Coran sont pacifiques et encouragent à la paix. Toutefois, ces messages sont parfois incompris ou volontairement biaisés et en conséquence la pratique de l'Islam devient douteuse.

Comme dans beaucoup de religions d'ailleurs, y compris le catholicisme en France, il y a parfois un fossé entre les Saintes écritures, le message prôné et la pratique dans la vie de tous les jours.

En général, l'Islam en Indonésie m'a paru proche du bon sens dans la pratique.

Preuve de tolérance entre diverses croyances, une cathédrale et une mosquée côte à côte à Jakarta


 

L'hindouisme à Bali
Bali, contrairement au reste du pays, est à dominance religieuse hindouiste.

Mes premières impressions furent très visuelles. Sur cette île, il y a des temples partout, plus ou moins grand, parfois et même souvent magnifiques.

Un des innombrables temples hindous, vers le centre de l'île

Parmi les plus connus, il y a les temples de Tanah Lot, Uluwatu, Kemuning ou encore Tirta Empul. Certains semblent avoir des fonctions différentes dans la croyance hindou et j'avoue que l'ensemble m'a paru très complexe pour un non-initié. J'imagine que j'en apprendrais beaucoup plus lors de mon futur séjour en Inde.

Des hindous effectuant des prières aquatiques dans un bassin du temple de Tirta Empul

Devant chaque maison hindou, il est possible de trouver tous les jours des petites offrandes faites aux Dieux. L'effet de surprise passé, il m' a fallu par la suite bien regarder où je mettais mes pieds pour ne pas commettre l'irréparable !

Vous verrez à Bali de nombreuses offrandes hindous devant les maisons

J'ai aussi été invité à un mariage hindou. La réception se fait dans une habitation communautaire de balinais hindouistes. Comme la culture le veut, un temple est construit à l'intérieur de la propriété. Les mariés ont la peau blanchie pour l'occasion. Les invités viennent à tour de rôle pour apporter leurs bénédictions au couple. La cérémonie est généralement diurne et avant tout religieuse.

Avec les nouveaux mariés hindous à Bali


 

Autres croyances
L'Indonésie accueille également d'autres croyances à des échelles plus petites. Le christianisme, le bouddhisme, différentes formes d'animisme... Le pays est tellement complexe et varié qu'il est presque impossible de tout citer, car tout savoir reviendrait d'avoir exploré intensivement 17000 îles...

Parmi l'un des monuments les plus connus, citons le temple bouddhiste de Borobudur près de la ville de Yogyakarta sur l'île de Java.

Le temple bouddhiste de Borobudur

 

La gastronomie indonésienne

Qu'est-ce qu'ils m'avaient manqué ces vendeurs de rue et ces petites gargotes de bord de route.

D'autant plus que l'arrivée en Indonésie est également pour moi synonyme de découverte de la cuisine asiatique. D'ailleurs, dès le premier repas, j'ai tout de suite su que j'allais me régaler pendant un bon moment.

L'aliment de base en Indonésie est le riz. Il vient avec presque tous les repas. Son alternative serait peut-être les noodles.

D'ailleurs, en Indonésie, le paysage a été façonné de manière à pouvoir remplir votre assiette. Traduction : si il y a du riz à tous les repas, il y a de fortes chances d'avoir des champs de riz dans chaque recoin d'Indonésie.

Les champs de riz en terrasses égayent de leur couleur verte le paysage indonésien, comme ici à Bali

J'ai pu passé un certain temps à découvrir la culture culinaire du pays dans les « warung ». Un warung est un petit restaurant populaire en Indonésie. Souvent, vous avez un étalage de nourriture déjà préparé et vous pouvez choisir quel aliment vous voulez manger. Tout cela vient avec du riz blanc, bien sûr.

Vous avez aussi les plats que l'on vous prépare sur place, comme le « nasi goreng » national (riz frit) ou le « bakso » (boulettes de viande en soupe) ou encore le « Pempek» (gateau de poisson).

Un « bakso » à Pasuruan sur l'île de Java

Un vendeur de rue à Yogyakarta

Une préparation de viande pour une cérémonie à Lampung

J'ai trouvé la gastronomie variée et succulente. Il est possible de s'arrêter partout pour manger en Indonésie et cela devient aussi l'occasion d'aller à la rencontre des habitants, qui aiment également manger à l'extérieur.

Aller à la rencontre des commerçants, comme ici avec des vendeurs de jus de canne à sucre à Probolinggo sur Java

 

L'autostop en Indonesie

Comment fonctionne l'autostop en Indonésie
Comme partout, l'autostop est également un excellent moyen d'aller à la rencontre des habitants.

Faire du stop en Indonésie fût une chose moyennement aisée bien que tout à fait possible.

La difficulté principale vient du fait que l'autostop est un concept qui n'existe pas vraiment en Indonésie. Montrer son pouce au bord des routes ne donnera donc aucun résultat.

Le meilleur moyen que j'ai trouvé pour arrêter les véhicules était de réaliser le même signe que les locaux utilisent pour arrêter les transports en commun : orienter la paume de sa main vers le sol et faire des mouvements de bas en haut avec le bras tout en regardant le conducteur.

Cela s'appelle «menumpang ». Menumpang est un mot utilisé pour expliquer le fait d'inviter quelqu'un chez lui, mais aussi dans son véhicule.

J'explique le concept de l'autostop à l'indonésienne à une chaîne de télévision de Palembang

L'autre difficulté est la fatigue qu'engendre l'autostop en Indonésie. Dans la majorité du pays, les routes sont mauvaises voire médiocres. Si par « chance », vous arrêtez un camion qui roule à une moyenne de 10km/h, vous avez la combinaison gagnante !

Entre Palembang et Pekanbaru (environ 700 kilomètres), il m'a fallu 64 heures donc 3 nuits dans la cabine d'un camion. Les routes de Sumatra sont en effet pour la plupart déplorables

La gentillesse des indonésiens m'a permis de vivre quelques expériences amusantes en Indonésie. Un matin à Kotabumi sur l'île de Sumatra, un local qui m'a hébergé la veille m'amène à la gare ferroviaire de la ville. Lorsque le train arrive, il va parler directement au conducteur de celui-ci, qui lui finit par m'offrir une séance de train-stop jusqu'à Palembang, soit 9 heures plus loin.

En train-stop à Sumatra

La police-stop en Indonésie a également été possible. Par contre, en tant que passager dans les véhicules indonésiens, j'ai été témoin d'une très grosse corruption de la police dans ce pays. Les conducteurs de camion, par exemple, préparent une grosse liasse de billets qu'ils distribuent au fur et à mesure des contrôles policiers sur leur chemin.

En police-stop en Indonésie

Puis, il y a aussi des véhicules moins conventionnels. L'Indonésie en regorge. Faites-vous plaisir !

Ferry-camion-stop entre les îles
Il m'a été possible de passer d'une île à une autre en stop également. Comme l'archipel indonésien est assez énorme, ce n'est pas une mauvaise chose que cette activité se révèle plutôt facile.

Entre Bali et Java, puis entre Java et Sumatra, il existe des ferrys qui transportent les camions. L'astuce est assez simple, il suffit juste de monter dans un camion avant que celui-ci embarque. Pour faciliter la chose, sachez qu'il existe d'immenses parkings avant le passage du péage pour le ferry.

En avant pour le ferry-camion-stop à Merak pour aller vers Sumatra

Ferry-stop entre l'Indonésie et la Malaisie
Là par contre, c'est un poil plus difficile. Je n'ai pas trouvé de ferry transportant des camions entre les deux pays, donc il m'a fallu être convaincant. La situation fût assez stressante car il ne me restait que 5 jours sur mon visa et je m'adressais à la seule compagnie de ferry organisant le passage entre l'Indonésie et la Malaisie.

Je me suis donc rendu à Dumai sur l'île de Sumatra. De là, il m' a fallu convaincre en indonésien (merci les 3 semaines d'apprentissage de la langue) les responsables de la compagnie de ferry, qui acceptèrent malgré un certain concours de circonstances.

Le stop est donc bel et bien possible en Indonésie. Ce fût d'ailleurs une formidable expérience humaine, même s'il est vrai que cela m'a coûté un peu d'énergie. Merci aux indonésiens !

 

Protéger la beauté du pays

Un beau pays
L'Indonésie est un beau pays. Certains paysages sont à couper le souffle. Il faut savoir que la majorité des îles indonésiennes sont d'origines volcaniques, donc le relief est bien souvent agréable à observer.

Comment ne pas citer le volcan du Bromo. Au petit matin, la vue est juste insensée. Je ne me souviens pas d'avoir eu le droit à beaucoup de vues telles celle du Bromo.

Le panorama du Bromo au levé du soleil

De plus près, je constate l'activité volcanique du Bromo

J'imagine que l'Indonésie possède d'innombrables paysages encore inconnus ou très bien gardés. A Bali, je me rappelle que le temple d'Uluwatu était construit en haut d'une falaise, d'où la vue était également splendide.

La pollution
Là par contre, c'est un vrai cauchemar. Le sens des responsabilités en ce qui concerne la protection de l'environnement est proche du néant. Combien de fois ai-je vu mon conducteur balancer sa bouteille de soda en plastique par la fenêtre ? Le bord des routes est un désastre et l'élimination des déchets semble être un problème constant.

A Ubud sur l'île de Bali, une partie du paysage a été pris pour une poubelle

A Jakarta, la capitale du pays, respirer ou tout simplement réussir à voir un bout de ciel bleu sont devenus des défis quotidiens. Le trafic est monstre... Les transports urbains deviennent une école de patience. Faire 10 kilomètres vous prend normalement deux heures et encore, pendant les jours fériés.

Le ciel de Jakarta, enfin ce qu'il en reste

Les villes indonésiennes ne m'ont pas paru jolies. L'intérêt que j'ai trouvé de voyager dans ce pays était surtout centré autour des rencontres avec les indonésiens, qui sont pour moi la vraie raison pour visiter ce pays.

 

Faits de vie en Indonésie

Mes premiers moments en Indonésie furent essentiellement un ébahissement constant par rapport aux vues qui m'étaient proposées. Puis, je me suis demandé comment je pourrais expliquer correctement l'Indonésie à quelqu'un qui ne la connaît pas. Il y a tellement de détails qui m'ont sauté aux yeux qu'il est impossible de tout reprendre, mais voici quelques vues d'Indonésie qui peuvent vous donner une idée de ce que vous y découvrirez.

L'odeur d'encens que vous retrouvez partout provient en réalité des cigarettes parfumées au clou de girofle. Je dois dire que j'ai plutôt bien aimé l'odeur de la fumée de cigarettes !

Voici un vendeur de cigarettes à Merak

Le trafic en Indonésie est un fouillis organisé. Il y a des scooters partout, et ces derniers passent entre les voitures, les camions. Tous ces véhicules roulent à droite ou à gauche, évitent les nids de poule, généreusement présents sur la route. J'ai appris à conduire le scooter à Bali. C'est sans doute la meilleure école pour devenir serein à manoeuvrer ce petit engin. Je suis tout de même tombé deux fois et j'ai vu de nombreux autres accidents. Malgré tout, le manque de règle ne semble pas être plus fatal que dans des sociétés beaucoup plus organisé. Question d'adaptation sûrement.

Un minibus en état de survie se lançant dans le trafic à Dumai

Au détour d'une rue, il arrive parfois d'assister à des scènes plutôt curieuses, et incroyables pour l'occidental que je suis.

A Bali, plusieurs personnes étaient occupés à charger une voiture d'un instrument de musique local

Les toilettes sont différentes. En Indonésie, nous retrouvons les toilettes à la turque, et le papier toilette est remplacé de l'eau. Il suffit de puiser celle-ci dans un « mandi », qui est un bassin contenant de l'eau, avec un récipient en plastique, et le tour est joué.

Comme dans les pays utilisant cette technique, la main gauche est considérée comme impure (je vous laisse deviner pourquoi) et les locaux utilisent donc la main droite pour manger.

Dans les restaurants, la coutume n'est pas d'utiliser de couvert, bien qu'une fourchette et une grande cuillère soient toujours à disposition. Le couteau, lui, disparaît de la circulation.

Enfin, il y a beaucoup d'autres petits détails comme cela. Mais il me faudrait écrire un livre entier pour tous les énumérer !

 

Voyager en Indonésie fût donc un vrai bonheur culturel. Les différences de mode de vie sont une raison pour vous connecter à la vie locale, donc à la population qui se fera un plaisir de vous aider et de vous expliquer le pourquoi du comment.

J'ai trouvé que l'Indonésie est un pays sûr. Je m'y suis senti en sécurité.

Les habitants, la beauté des paysages, la sécurité, la culture, la nourriture... Toutes ces raisons font que l'Indonésie est un pays agréable à visiter.

Pour ma part, je suis actuellement en Malaisie et je continue ma route vers le Nord. Je devrais atteindre dans peu de temps la Thaïlande, et découvrir j'imagine encore une nouvelle culture.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour un compte rendu de la Malaisie et de Singapour qui, pour ce que j'en ai vu jusqu'à présent, m'ont étonné par leurs niveaux de développement.

A très bientôt,

Jérémy



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