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Tour du monde en autostop - Jeremy Marie

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 Carnet de Bord : Tranquille Laos

Franchir la frontière du Vietnam vers le Laos, c'est un peu comme sortir d'une boite de nuit et se retrouver sur le parking. Tout semble s'arrêter. Le mouvement, l'effervescence et le temps. Plus on rentre dans les terres laotiennes et plus le bruit s'éloigne pour finalement faire place au silence.

J'ai vécu mon passage au Laos comme une parenthèse entre deux pays densément peuplés : hier le Vietnam et demain la Chine. Je ne suis resté que dix jours au Laos. Je vais donc vous présenter ce pays comme une première impression ; ou plutôt une contemplation, puisque c'est exactement ce que je me suis senti faire dans ce pays.

 

Une carte postale du Laos

Des montagnes recouvertes de végétation. Au milieu de sa vallée coule une rivière de couleur brunâtre, sans doute une conséquence des dernières pluies qui sont tombées récemment. Eventuellement, une route sinueuse longe l'ensemble, mais peu, très peu de véhicules semblent l'emprunter.

Des montagnes recouvertes de végétation

Au long de cette route se dressent des baraquements en bois. Fabriqués avec des planches, voire des feuilles de bambous tressées, ce sont des habitations de campagnes laotiennes. J'imagine que nous ne sommes pas en zone de typhons, car leur niveau de résistance me paraît assez basique.

Elles sont généralement regroupées par dizaines. Selon les définitions de zones urbaines françaises, nous appellerions ces regroupements de maisons « des hameaux ».

Une habitation laotienne

« Sabadi » !

Des jeunes saluent mon entrée dans un village par cette exclamation qui veut aussi bien dire bonjour que au revoir.

A chaque passage à travers ces « hameaux », la vie locale se dévoile. Les poules, les coqs et les cochons se baladent librement.

Un petit cochon en expédition près d'un hameau laotien

Les jeunes femmes prennent leur douche publiquement, vêtues d'un sarong. Les plus petits se baladent parfois tous nus, jouant à quelconques jeux avec les débris de la nature qu'ils ont sous la main. Parfois, un des plus jeunes retourne en courant vers sa maman, pleurant toutes les larmes de son corps... Il a du se faire voler son morceau de bambou par un de ses camarades.

Dans ces baraquements, à mi-chemin entre la hutte et le chalet, la télévision est régulièrement allumée. Une vieille antenne parabolique toute rouillée se dresse fièrement sur le toit ou devant le palier. Les familles se plantent devant et ne bougent plus. La fièvre de la « telenovela » touche aussi le Laos.

Quand l'émission est terminée, ou que l'électricité est coupée, la famille retourne devant la maison, soit au bord de la route. On regarde, on contemple. Je passe, mais contrairement à d'autres pays, la vision d'un farang n'entraîne pas toujours une réaction. Cela n'a pas forcément d'importance.

« Sabadi » !

Ah, il fallait que j'en parle, on me salue une seconde fois. Il ne fallait pas cligner de l'oeil, j'ai déjà traversé le hameau.

Sur les 600 kilomètres que j'ai parcourus au Laos, ce paysage et ces scènes de vie n'ont presque jamais changé. Même dans les villes ou villages de taille plus importante, je retrouvais cette sensation de calme, de flottement.

« Même dans les villes ou villages de taille plus importante, je retrouvais cette sensation de calme, de flottement », comme ici à Muang Khua


 

L'autostop au Laos

L'autostop au Laos, à l'instar du Cambodge, n'est pas une activité facile.

Tout d'abord, je me suis arrêté à l'office de tourisme du premier village qui en avait un. J'ai demandé à la personne qui y travaillait si elle pouvait me traduire « la lettre de présentation de mon projet » en laotien. Cette lettre, que j'ai utilisé partout en Asie, me permet de me présenter et d'expliquer la signification de l'autostop, qui est un concept inconnu sur ce continent.

Une employée de l'office de tourisme de Muang Khua me traduit la lettre de présentation de mon projet en laotien

Ensuite, il y a très peu de trafic, au moins dans cette partie nord du pays. Cela contribue certes au silence, mais n'aide pas beaucoup pour avancer.

La composition du trafic peut se décrire comme suit :

-les SUV : soit les pick-ups Toyota dernière génération. Ils ne s'arrêtent généralement pas. Je ne sais pas pourquoi mais j'imagine que les raisons doivent être assez semblables avec celles de son voisin cambodgien.

-les camionnettes : ils agissent souvent comme des bus ou des taxis non-officiels. Ils font donc normalement payer.

-les camions : il y en a quelques-uns et il est possible de les arrêter. Dans mon cas, ce fût une excellente alternative à la marche.

Un couple m'ayant pris en camion-stop

Une fois à bord d'un véhicule, la destination du jour est encore loin. Les routes sont en général tortueuses et en mauvais état. La vitesse atteinte excèdent très rarement les 50km/h. Sur certaines portions de route, j'ai même été très surpris de passer des rivières à gué, alors que le pont était en réparation.

Le passage d'une rivière à gué, à bord d'un camion

Puis, comme partout, il y a la sécurité routière. Avec des routes aussi dangereuses, il est nécessaire de bien choisir son conducteur.

Près d'Udomxay, un camion me passe devant sans s'arrêter. Quelques kilomètres plus tard, je le retrouve renversé au bord de la route. Heureusement, pas de blessé.


 

Le Laos : un pays situé entre la Chine, le Vietnam, la Thaïlande, la France, les Etats-Unis, l'URSS...

L'Histoire du Laos a été influencé, comme ses voisins, par des puissances impériales qui souhaitaient s'agrandir ou exploiter les ressources de ce pays.

Je ne vais pas refaire l'Histoire de l'Indochine, de la guerre du Vietnam, de la guerre froide, de la récente expansion du business chinois, mais il est possible de voir aujourd'hui des restes de ces différents passages.

Une partie de la colonisation française dans une assiette. Une crêpe à Luang Prabang

L'influence soviétique durant la guerre froide. Le Laos est un pays communiste depuis 1975. Ici, un panneau à Udomxay

L'expansion de l'envahissant voisin chinois. Au nord du Laos, les commerces sont chinois en très grand nombre. La plupart des panneaux sont d'ailleurs écrits en sinogrammes

Le gouvernement communiste du Laos tolère l'existence de confessions religieuses. A Luang Prabang, j'ai pu voir de nombreux temples bouddhistes. Le bouddhisme est la religion la plus importante au Laos.

A Luang Prabang, j'ai pu voir de nombreux temples bouddhistes

 

Le Laos d'aujourd'hui est donc le résultat donc d'une Histoire faite de colonisations, d'envahissements, de chocs et de mélanges de cultures. Comme la Turquie et bien d'autres pays, il fût intéressant de découvrir ce pays situé sur un carrefour de civilisations.

Le calme et la tranquillité du pays m'a permis de me ressourcer avant d'entrer dans l'Empire du milieu, pays le plus peuplé du monde. Je termine donc ma tournée en Asie du Sud-Est et quitte un climat tropical pour bientôt faire face à un hiver froid et sec.

Je vous laisse sur une photo d'enfants laotiens que je laisse derrière moi. Ils me suivirent un peu sur la route, et m'abritèrent avec leur parapluie

A très bientôt en Chine,

Jérémy



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